Les mots que je préfère

Pour cette quarante-deuxième semaine Agoaye propose de réfléchir sur les mots que je préfère.

Ce sont d’abord les mots doux, bien entendu, et par-dessus tout.


Ce sont aussi les mots bizarres ou rarement utilisés, rigolos et qui donnent envie de connaitre la définition,
difficiles à prononcer et presque jamais utilisés,
parce qu’il serait un peu pompeux ou trop précieux de les employer.
J’aurais pu écrire amphigourique ou pédantesque
et emphatique ou grandiloquent.
Ou carrément tarabiscoté et chichiteux.

Les termes employés pour une figure de style ou un procédé grammatical font partie des mots que je préfère.

Quand on vous parle d’anacoluthe, ne pensez pas à une maladie. C’est une figure de style, un procédé syntaxique qui se traduit par une rupture dans la construction d’une phrase. Il y a d’autres procédés syntaxiques aux noms bizarres… comme l’épanalepse et l’oxymoron.

C’est un expert en la matière, Martin Francoeur, qui écrit : « En cherchant un peu dans les ouvrages pour trouver des figures de style, on s’y perd un peu. La liste de ces procédés diffère parfois d’un ouvrage à l’autre. Mais il y en a quelques-uns qui reviennent fréquemment et qui, pour la plupart, portent des noms à coucher dehors!

Pour les distraits ou les amnésiques, je me permettrai d’abord de rappeler un exemple d’anacoluthe, que l’on retrouve souvent à la fin d’une lettre. «Espérant avoir de vos nouvelles sous peu, veuillez recevoir mes salutations distinguées.» Dans ce cas, il y a quelque chose qui cloche. La première partie de la phrase contient un participe présent qui fait inévitablement référence à la première personne du singulier. C’est l’auteur de la lettre qui espère avoir des nouvelles sous peu, et on s’attendrait donc à avoir une deuxième proposition qui soit aussi à la première personne du singulier. Comme: «Espérant avoir de vos nouvelles sous peu, je vous prie de recevoir mes salutations distinguées»

Qu’en est-il des autres figures de style aux noms étranges? Ce que sont les solécismes. Il s’agit simplement d’une faute de syntaxe, souvent occasionnée par un mauvais emploi de pronom relatif: «le livre que je vous ai parlé», par exemple.

Autre phénomène intéressant: l’épanalepse. Il s’agit de la reprise d’un nom par un pronom dans la même proposition. Comme dans: «Ma copine, elle m’épate!». Le pronom personnel «elle» est repris presque inutilement. On veut simplement créer un effet d’insistance. D’autres auteurs indiquent que le fait de commencer et de terminer une phrase par le même mot constitue une épanalepse. Le dicton «L’homme est un loup pour l’homme» est un bel exemple.

La synecdoque est quant à elle une figure commune, qui consiste à prendre la partie pour le tout, la matière pour l’objet, le contenant pour le contenu. La synecdoque est en fait une variété de métonymie. Mais pour qu’une métonymie soit une synecdoque, il fait qu’un des éléments soit inclus dans l’autre. C’est le cas de «boire un verre», «la classe est turbulente» ou «acheter une toile de maître».

La gémination est une figure de style appliquée au vocabulaire. Il s’agit d’un redoublement d’une syllable ou d’un phonème, souvent par plaisanterie ou par ironie. Un individu un peu «bébête», les adeptes de la «gaugauche», des recettes de «mémère», une «guéguerre» de politiciens…

L’oxymoron, que certains appellent simplement oxymore, est une association de mots ou de sens opposés que les littéraires affectionnent particulièrement. Des exemples? «Un silence éloquent», «une douce violence»…

Le paréchème est presque un jeu de mots. Il consiste à placer successivement des syllabes de même sonorité. Comme dans: Dites à notre nounou: «Nous n’oublierons pas ce qu’elle a fait pour nous». Ou encore: «Entre vous, vous vous vouvoyez.»

Autre figure courante: l’antiphrase. Elle consiste à employer un mot ou une locution dans un sens contraire au sens véritable, par ironie ou par euphémisme. «T’as oublié tes clés? Bravo!» ou encore «C’était vraiment écoeurant», en parlant bien sûr de quelque chose de fantastique, qu’on a beaucoup apprécié. L’antiphrase, souvent involontaire, est abondamment utilisée par les ados.

Enfin, dans la même veine, il y a la litote, qui consiste à atténuer l’expression de sa pensée pour faire entendre le plus en disant le moins. On n’est pas très loin de l’euphémisme. Des exemples de litotes? «Va, je ne te hais point», pour dire qu’on aime une personne. «Ça m’a coûté douze mille dollars: une bagatelle», pour dire en fait qu’il s’agit d’une somme considérable.

Certains sites web consultés présentent une liste de plus d’une centaine de figures de style. Les noms sont parfois déroutants, de l’adynaton au zeugma en passant par l’épanadiplose, le chleuasme, la paronomase, l’apophtegme, le boustrophédon, l’amphigouri, l’hypallage et la tmèse! Si vous en avez le goût, fouillez à votre tour… »

pour répondre encore une fois aux  53 billets en 2015 chez Agoaye pour les mots que je préfère, faites comme moi, riez en toute liberté.

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