Moelleux et doux

Hier soir j’ai pris la route sous la pluie et les bourrasques. Moelleux et doux, ce matin bien sûr, le brouillard s’est installé autour de la maison, et le poète l’avait écrit avec ces mots.

Moelleux et doux

Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux
Et son bœuf lentement dans le brouillard d’automne
Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux

Et s’en allant là-bas le paysan chantonne
Une chanson d’amour et d’infidélité
Qui parle d’une bague et d’un cœur que l’on brise

Oh! l’automne l’automne a fait mourir l’été
Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises

Aujourd’hui, c’est la poésie du jeudi chez Asphodèle et l’Automne pour AmeGraphique du petit carré jaune. j’avais choisi l’Automne et son brouillard de Guillaume Apollinaire paru dans Alcools en 1913.

… j’ai cousu les derniers points, je replie les deux manches sur le corps de l’ouvrage, je les garde un temps dans mes mains en regardant l’effet produit. Deux silhouettes grises…

Une histoire à faire peur

J’ai un secret, une histoire à faire peur, car le paradis est sur la lune… mais chut.

La dernière fois que j’avais vu ma voisine de rue, c’était entre deux gardiens de la paix. Depuis un mois je n’avais plus aucune nouvelle, je me demandais si je la reverrais jour. C’est la loi de la rue, bien sûr, mais quand même. Et puis hier matin alors que j’entamais ma troisième chopine, je l’ai aperçue soudain, droit devant moi.

J’avançai à sa rencontre. On s’est étreint. Longtemps. Après les effusions vinrent les explications. Elle me dit qu’elle sortait de l’hôpital psychiatrique Après sa garde à vue, un juge avait trouvé nécessaire de l’y envoyer, vu qu’elle n’avait aucun papier sur elle. Elle semblait amnésique et tenait des propos incohérents.

À l’hôpital, au bout d’un mois, on avait finalement décidé de s’en débarrasser, pour la bonne raison qu’elle était la douceur même et qu’à part le fait qu’elle déclarait venir d’une ville de la Lune et qu’elle n’en démordait pas, elle n’allait pas si mal. Ça s’était décidé à la réunion de service le matin-même. Après un bref résumé de son cas par l’interne, le professeur-chef avait décidé de la faire sortir, car l’hôpital manquait de place et les ressources étaient de plus en plus serrées. L’autre avait insisté sur l’état amnésique

– Les rues sont pleines d’amnésiques et celle-ci ne ferait pas de mal à une mouche. Elle n’a rien à faire ici.

– Mais ses délires, cette histoire qu’elle habite la Lune dans une ville souterraine…

– Ça vous dérange ? Non ! Eh bien moi non plus. Qu’elle habite où elle veut, je n’y vois aucun inconvénient.

Si rien n’avait vraiment été réglé, mon amie malade avait été jetée sur le trottoir.

Et c’est ainsi que je la voyais. Je n’en revenais pas, en général quand on entre dans ces endroits on n’en sort pas aussi facilement. Je lui demandai ce qu’elle leur avait dit exactement, car elle les avait vraiment embobinés. Pas du tout, me répondit-elle, elle avait dit la vérité, c’est-à-dire qu’elle venait de la Lune. Elle m’a raconté ensuite qu’elle y habitait une ville souterraine fort agréable et qu’elle avait bien l’intention d’y retourner le plus vite possible. Elle a ajouté que par chance elle avait justement révisé son manuel de survie en milieu hostile la veille de son arrestation et qu’il était bien mentionné que la meilleure solution était de dire la vérité. En général, personne n’y croit et cela est bien préférable à un mutisme qui pourrait faire soupçonner qu’on prépare une vilaine action et qu’on a quelque chose à cacher.

Je lui dis qu’elle était super intelligente, et lui demandai aussitôt si elle était entrée en communication avec ses potes de la Lune.

– Pas encore mais j’y travaille, m’a-t-elle répondu. Je dois encore réparer quelques contacts électriques endommagés pendant mon atterrissage malencontreux mais c’est une affaire de quelques jours. Dès que tout fonctionne, je communique ma position par télépathie à mes collègues restés sur la Lune et je leur demande de m’envoyer une équipe pour me secourir et me ramener d’autant que ma mission est terminée. D’après mes renseignements, les terriens ont l’intention de retourner sur la Lune. La première fois, ils ne nous ont pas trouvés mais nous devons être vigilants.

J’étais surprise, mais mon envie était immense, et je lui demandai si elle m’emmènerait avec elle.

– Bien entendu, dit-elle sans hésitation. Je ne vais pas laisser dans cette ville de misère une amie comme toi, qui a eu la générosité de partager son carton avec moi et qui a su me remonter le moral dans les moments de profond découragement que j’ai traversés. Chez moi tu ne manqueras de rien. Grâce à d’ingénieux systèmes nos villes souterraines proposent tout ce que chacun peut désirer. Tu n’auras plus faim, ni froid. Tu ne craindras plus de tomber malade, ni quelque désagrément que ce soit. Tu seras heureuse, pleinement heureuse.

– J’ai hâte d’y être, sur la Lune, lui dis-je sur le coup et en finissant ma bouteille.

Elle reviendra me voir ce matin, je pense. Mes idées sont plus claires et je suis intriguée. Que feriez-vous, vous ? Partiriez-vous avec elle ? Viendriez-vous avec moi ? J’ai envie de me cacher dans mon bonnet et ses feuilles.

Une histoire à faire peur

Mon secret, d’après une histoire de Plotine,  pour répondre aux  53 billets en 2015 chez Agoaye , faites comme moi, partez sur la lune en toute liberté.

Oiseau et Plumes d’octobre

Oiseau et Plumes d’octobre.

Oiseau et Plumes d'octobre

Je suis là devant mon bol de café et mes tartines que je viens de préparer. J’ai la tête vide et les pensées molles. C’est comme ça quand je me lève. Toujours un peu tôt avant les autres, pour être de bonne humeur quand le reste de la maisonnée se pointera. J’ai besoin de ce temps rien que pour moi. Mes pensées m’ont abandonnée, c’est le dénuement dans mon esprit, une absence totale de lueur dans la tête, un grand Rien, quoi. Je pourrais paraître droguée. Que nenni. Je ne manque pas de sommeil non plus. Je mange et j’avale machinalement. Mes premiers gestes se font par purs réflexes, un peu comme si ma longue hibernation de la nuit rationnait mes idées. Je n’ai pas spécialement conscience de préparer le petit-déjeuner, en opposition au trop-plein d’énergie dont j’userai dans la journée. Et petit à petit, tout revient enfin,  sans torture dans une douce plénitude.

Je me sers un autre café, en écoutant les infos. J’entends que ça ne va pas fort au Liban. Ils sont dans la même impasse, depuis… une vie, hein ? C’est ce que je me dis quand mon regard est attiré au dehors. C’est un chat qui a déclenché l’éclairage extérieur. J’entends des piaillements d’oiseaux. Est-ce que l’un aura fait l’affaire de l’autre ou est-ce leur manière de se dire bonjour quand ils se croisent ? Par la fenêtre, maintenant, je vois les arbres qui frissonnent dans le vent. Eh oui, ils annonçaient tout à l’heure qu’il ferait beau, mais venté. Les feuilles embellissent l’automne, c’est vrai, mais elles ont eu vite fait de changer de couleurs, et, si ça continue, certains arbres seront dans un parfait dénuement.

Ça va mieux depuis que j’ai pris ma douche. J’ai même fini de préparer mon casse-croûte pour midi et vérifié également que mon livre est bien dans mon sac. J’ai encore quelques instants avant que les autres ne se lèvent. J’ai pensé avancer un peu sur mon ouvrage, comme d’habitude, avant de partir. J’ai hésité entre ma broderie et mon tricot, et je ne sais pourquoi, j’ai allumé mon ordinateur. Je découvre avec déchirement que j’ai manqué le rendez-vous des mots pour les plumes. Avec empressement, je les ai notés sur un papier que j’ai mis dans ma poche avant d’aller prendre le bus, pour y réfléchir.

J’y ai réfléchi, et c’est ma vie du matin que j’écris ici en toute poésie.

Youpi. J’ai même lu les commentaires aussi, et j’ai bien ri.

Oiseau et Plumes d'octobre

C’est ma participation aux Plumes 45 chez Asphodèle, vous trouverez les mots qu’il fallait employer ici   et pour répondre au défi des oiseaux chez Albine, là et, , et aussi.

Si les journées duraient une semaine

Si les journées duraient une semaine, tout serait bouleversé, c’est sûr. Il n’y aurait plus que 52 jours dans l’année, dont 6 à 7 jours de congés. Les mois n’auraient plus que 4 jours et un peu de nuit. Il faudrait refaire nos horloges pour y ajouter un compteur de tours d’aiguilles ou des nombres supplémentaires. La terre tournerait donc lentement sur elle-même, mais toujours aussi vite autour du soleil. On aurait de longues nuits d’été et de grands jours d’hiver. Une pure réflexion de science fiction, je l’avoue. En une seule journée, on trouverait le temps de faire les courses, et le ménage, de faire de la marche pour s’aérer et fortifier notre structure à la première heure, d’aller chanter avec les choristes à la deuxième heure, de retrouver les chineuses textiles pour continuer éternellement notre action de recyclage à la troisième, le potier aurait le temps de cuire un four à la quatrième et pourrait l’ouvrir à la cinquième, etc…

Si les journées duraient une semaine

et tout recommencer la journée suivante. Y aurait-il encore trois repas par jours? Parce qu’il faudrait que ce soient de vrais festins!  Je ne suis pas une grosse mangeuse,mais je m’inquiète un peu, c’est tout.

Si les journées duraient une semaine, il n’y aurait plus de 18 octobre comme aujourd’hui, ce serait le quarante-troisième jour de l’année. Ça ne change rien, ce serait toujours un jour d’anniversaire. Et je pense à toi ma belle, je t’aime et t’embrasse très fort. Et à ce rythme, dans dix jours, ce sera la nouvelle année.

Un petit délire pour répondre aux  53 billets en 2015 chez Agoaye , faites comme moi, revenez sur terre, pour rêvez quand même en toute liberté.

Le Gland et la Citrouille

C’est poésie du jeudi chez Asphodèle, et ce sera Le Gland et la Citrouille de Jean de la Fontaine

Le Gland et la Citrouille

Dieu fait bien ce qu’il fait. Sans en chercher la preuve
En tout cet Univers, et l’aller parcourant,
Dans les Citrouilles je la trouve.
Un villageois considérant,
Combien ce fruit est gros et sa tige menue :
A quoi songeait, dit-il, l’Auteur de tout cela ?
Il a bien mal placé cette Citrouille-là !
Hé parbleu ! Je l’aurais pendue
A l’un des chênes que voilà.
C’eût été justement l’affaire ;
Tel fruit, tel arbre, pour bien faire.
C’est dommage, Garo, que tu n’es point entré
Au conseil de celui que prêche ton Curé :
Tout en eût été mieux ; car pourquoi, par exemple,
Le Gland, qui n’est pas gros comme mon petit doigt,
Ne pend-il pas en cet endroit ?
Dieu s’est mépris : plus je contemple
Ces fruits ainsi placés, plus il semble à Garo
Que l’on a fait un quiproquo.
Cette réflexion embarrassant notre homme :
On ne dort point, dit-il, quand on a tant d’esprit.
Sous un chêne aussitôt il va prendre son somme.
Un gland tombe : le nez du dormeur en pâtit.
Il s’éveille ; et portant la main sur son visage,
Il trouve encor le Gland pris au poil du menton.
Son nez meurtri le force à changer de langage ;
Oh, oh, dit-il, je saigne ! et que serait-ce donc
S’il fût tombé de l’arbre une masse plus lourde,
Et que ce Gland eût été gourde ?
Dieu ne l’a pas voulu : sans doute il eut raison ;
J’en vois bien à présent la cause.
En louant Dieu de toute chose,
Garo retourne à la maison.

Cette fable et ce petit bonnet sorti de mes aiguilles, juste pour apporter un sourire sur vos lèvres. Ce soir, ce sera soupe de potimarron bien évidemment.

Atelier – Tricoter des bandes de tissus

J’ai découpé en lanières hier après-midi pour l’atelier – Tricoter des bandes de tissus, avez-vous déjà essayé ? Le résultat est original, c’est léger et ça reste souple.

Atelier - Tricoter des bandes de tissus

J’avais fait un essai avec un tissu fluide et les bandes étaient taillées dans le biais. Quelle misère, les bandes se craquaient toutes les trois mailles. Je veux faire un socle pour poser ma petite maison en confection là-dessous. La vois-tu ? Elle ne sera pas très grande, à peu près 8cm de haut et 4cm de large.

Atelier - Tricoter des bandes de tissus

J’ai recommencé avec des bandes déchirées dans le droit fil, cette fois-ci. Je voulais ce socle de couleur verte pour représenter le sol, mais les bandes se succèdent et les touches de couleur et les nœuds semblent représenter des fleurs. Je suis émerveillée du résultat.

Atelier - Tricoter des bandes de tissus

Ça me plait et je recommencerai, c’est sûr, pour confectionner un tapis de bain, par exemple. Je vous reparlerai de la petite maison plus tard…

Les mots que je préfère

Pour cette quarante-deuxième semaine Agoaye propose de réfléchir sur les mots que je préfère.

Ce sont d’abord les mots doux, bien entendu, et par-dessus tout.


Ce sont aussi les mots bizarres ou rarement utilisés, rigolos et qui donnent envie de connaitre la définition,
difficiles à prononcer et presque jamais utilisés,
parce qu’il serait un peu pompeux ou trop précieux de les employer.
J’aurais pu écrire amphigourique ou pédantesque
et emphatique ou grandiloquent.
Ou carrément tarabiscoté et chichiteux.

Les termes employés pour une figure de style ou un procédé grammatical font partie des mots que je préfère.

Quand on vous parle d’anacoluthe, ne pensez pas à une maladie. C’est une figure de style, un procédé syntaxique qui se traduit par une rupture dans la construction d’une phrase. Il y a d’autres procédés syntaxiques aux noms bizarres… comme l’épanalepse et l’oxymoron.

C’est un expert en la matière, Martin Francoeur, qui écrit : « En cherchant un peu dans les ouvrages pour trouver des figures de style, on s’y perd un peu. La liste de ces procédés diffère parfois d’un ouvrage à l’autre. Mais il y en a quelques-uns qui reviennent fréquemment et qui, pour la plupart, portent des noms à coucher dehors!

Pour les distraits ou les amnésiques, je me permettrai d’abord de rappeler un exemple d’anacoluthe, que l’on retrouve souvent à la fin d’une lettre. «Espérant avoir de vos nouvelles sous peu, veuillez recevoir mes salutations distinguées.» Dans ce cas, il y a quelque chose qui cloche. La première partie de la phrase contient un participe présent qui fait inévitablement référence à la première personne du singulier. C’est l’auteur de la lettre qui espère avoir des nouvelles sous peu, et on s’attendrait donc à avoir une deuxième proposition qui soit aussi à la première personne du singulier. Comme: «Espérant avoir de vos nouvelles sous peu, je vous prie de recevoir mes salutations distinguées»

Qu’en est-il des autres figures de style aux noms étranges? Ce que sont les solécismes. Il s’agit simplement d’une faute de syntaxe, souvent occasionnée par un mauvais emploi de pronom relatif: «le livre que je vous ai parlé», par exemple.

Autre phénomène intéressant: l’épanalepse. Il s’agit de la reprise d’un nom par un pronom dans la même proposition. Comme dans: «Ma copine, elle m’épate!». Le pronom personnel «elle» est repris presque inutilement. On veut simplement créer un effet d’insistance. D’autres auteurs indiquent que le fait de commencer et de terminer une phrase par le même mot constitue une épanalepse. Le dicton «L’homme est un loup pour l’homme» est un bel exemple.

La synecdoque est quant à elle une figure commune, qui consiste à prendre la partie pour le tout, la matière pour l’objet, le contenant pour le contenu. La synecdoque est en fait une variété de métonymie. Mais pour qu’une métonymie soit une synecdoque, il fait qu’un des éléments soit inclus dans l’autre. C’est le cas de «boire un verre», «la classe est turbulente» ou «acheter une toile de maître».

La gémination est une figure de style appliquée au vocabulaire. Il s’agit d’un redoublement d’une syllable ou d’un phonème, souvent par plaisanterie ou par ironie. Un individu un peu «bébête», les adeptes de la «gaugauche», des recettes de «mémère», une «guéguerre» de politiciens…

L’oxymoron, que certains appellent simplement oxymore, est une association de mots ou de sens opposés que les littéraires affectionnent particulièrement. Des exemples? «Un silence éloquent», «une douce violence»…

Le paréchème est presque un jeu de mots. Il consiste à placer successivement des syllabes de même sonorité. Comme dans: Dites à notre nounou: «Nous n’oublierons pas ce qu’elle a fait pour nous». Ou encore: «Entre vous, vous vous vouvoyez.»

Autre figure courante: l’antiphrase. Elle consiste à employer un mot ou une locution dans un sens contraire au sens véritable, par ironie ou par euphémisme. «T’as oublié tes clés? Bravo!» ou encore «C’était vraiment écoeurant», en parlant bien sûr de quelque chose de fantastique, qu’on a beaucoup apprécié. L’antiphrase, souvent involontaire, est abondamment utilisée par les ados.

Enfin, dans la même veine, il y a la litote, qui consiste à atténuer l’expression de sa pensée pour faire entendre le plus en disant le moins. On n’est pas très loin de l’euphémisme. Des exemples de litotes? «Va, je ne te hais point», pour dire qu’on aime une personne. «Ça m’a coûté douze mille dollars: une bagatelle», pour dire en fait qu’il s’agit d’une somme considérable.

Certains sites web consultés présentent une liste de plus d’une centaine de figures de style. Les noms sont parfois déroutants, de l’adynaton au zeugma en passant par l’épanadiplose, le chleuasme, la paronomase, l’apophtegme, le boustrophédon, l’amphigouri, l’hypallage et la tmèse! Si vous en avez le goût, fouillez à votre tour… »

pour répondre encore une fois aux  53 billets en 2015 chez Agoaye pour les mots que je préfère, faites comme moi, riez en toute liberté.

Dans 5 ans

Dans 5 ans, mes petits auront cinq ans, j’en aurai cinq de plus, et vous aussi.

Dans cinq ans, je serai sans doute en retraite. J’aurai peut-être changé de région, ou j’y penserai encore. J’en ai envie de plus en plus. Envie de quoi? De l’eau, pardi, si je suis en vie. En vie, mais pourquoi pas? Parce qu’en cinq ans, il en passe de l’eau sous les ponts, hein. Tiens de l’eau parlons-en, elle passait au-dessus et à côté des ponts ce samedi, et elle a repris son lit, elle, et toujours en vie. Et regarde Maman, elle était encore en vie, il y a cinq ans. Enfin en vie oui, mais dans son lit, et elle ne la regardait plus trop la vie, pourtant elle en avait envie, de vie.

Dans 5 ans

Pourquoi se projeter dans cinq ans? Mes petits auront des dents et marcheront, iront à l’école, en grande maternelle je suppose, ils joueront au foot et me demanderont de raconter des histoires qui font peur. Je n’ai pas envie de vieillir si vite, je veux profiter de ce temps qui s’écoule déjà bien assez vite. Je ne veux pas m’imaginer dans cinq ans, j’aime vivre. Je veux avoir le temps de tricoter de petites choses.

Tu vois bien, ces chaussons de leur iront plus. Je veux m’accrocher à leurs sourires et à leurs regards émerveillés quand je chantonne auprès d’eux. J’aime profiter du bien-être que leur fait le lait de leur mère quand ils se blottissent contre elle. J’aime découvrir leurs yeux changeants quand ils goutent à une nouvelle purée ou nouvelle compote. C’est bon la vie, semblent-ils dirent.

Elle est belle la vie, et je veux avoir le temps de leur dire ou la découvrir avec eux. Tiens, dans quinze jours, ce seront les retrouvailles avec mes copains de classe

pour répondre pour la quarante et unième fois aux  53 billets en 2015 chez Agoaye , faites comme moi, vivez en toute liberté.

Brassière au point de vagues pour ce début d’automne

Brassière au point de vagues pour ce début d’automne.

J’ai revu la mer et ses vagues… Le point de vague se fait sur un nombre de mailles multiple de 18 et sur 6rangs. Tout au point jersey, sauf au sixième où on répète de * à * (*3 fois 2m ens, 6fois (1m end, 1jeté), 3fois 2m ens*) jusqu’à la fin du rang.

J’ai pris un fil à tricoter qualité layette qui se tricote avec des aiguilles n° 2,5. J’ai monté 156 mailles et tricoté six rangs au point mousse. Puis point de vagues, pendant 66 rangs et en commençant et terminant chaque rang par 6 mailles en mousse pour les bandes. En arrivant aux emmanchures, j’ai réparti les mailles de la façon suivante: 39 pour un demi-dos, 78 pour le devant et les 39 autres pour le second demi-dos. J’ai tricoté chacune des trois parties séparément en diminuant 3 fois une maille tous les 2 rangs sur chacun des côtés du devant et la même chose pour les demi-dos côté emmanchures. Et j’ai laissé ce travail en attente le temps de tricoter les manches.

Pour chacune des deux manches j’ai monté 40 mailles et tricoté huit rangs au point mousse. J’ai continué au point de vagues pendant 60 rangs, en augmentant 12 mailles au 1er rang, et j’ai réalisé les emmanchures comme sur la partie du corps.

J’ai repris toutes les mailles du corps laissées en attente en insérant les manches de la façon suivante: 36m du demi-dos, 46m d’une manche, 75m du devant, 46m de la seconde manche et 36m du second demi-dos. J’ai fait une boutonnière dès le premier rang de cette reprise de mailles à 3m du bord dans la partie bande de 6m (2m ens, 1jeté). J’ai continué cette partie plastron en rang jersey en diminuant tous les 6 rangs, 25m réparties sur un rang endroit, et en terminant chaque rang par 6 mailles en mousse pour les bandes. Je termine par un tour de cou en point mousse sur 84m, en faisant une boutonnière dès le 1er rang du col à 3m du bord dans la partie bande de 6m (2m ens, 1jeté).

Pour terminer cette brassière au point de vagues pour ce début d’automne j’ai cousu les dessous de bras et 2 petits boutons plats face aux boutonnières. Avec le reste de laine, j’ai tricoté des chaussons au point de godrons.