C’était une folie de s’évader ainsi

Elle se rend compte que c’était une folie de s’évader ainsi par ce chemin. Elle doit se dépêcher avant que le tonnerre éclate. Le courage la reprend et elle avance d’un bon pas. Elle baisse la tête pour éviter une branche, et s’accroche à une autre quand ses pieds risquent de céder sur la pente un peu trop raide. Heureusement, ses articulations sont encore souples, mais le vernis de ses ongles a souffert de ces acrobaties.

Une abeille la précède ; et c’est avec admiration qu’elle peut la suivre un moment comme si elles faisaient la course toutes les deux. Elle a chaud et écrase une goutte de sueur qui glisse au coin de son œil comme si elle avait pleuré.

Elle sent l’odeur de fumée maintenant, et pense au feu de bois dans sa cheminée. Elle rêve d’un gâteau au chocolat ou d’un dessert au caramel qu’elle aurait mis à cuire avec amour pour ses petits.

Elle va vite et voudrait pouvoir accélérer encore plus comme ces personnages de jeux numériques, mais elle n’est pas dans un logiciel. Elle sourit. Si seulement c’était le cas ; elle n’aurait plus ces travaux de couture et de raccommodage, ni ces tas de pelotes qui l’attendent à la maison. Tout serait fait aussi vite que l’on craque une allumette pour fumer une clope, aussi rapidement qu’on raque des tunes au poker ou qu’un play-boy croque la vie. Oui, tout serait fait… mais ce serait sans plaisir.

C’était une folie de s’évader ainsi

C’est ma participation aux plumes 44 chez Asphodèle avec les mots proposés et inspirés du mot craquer pour ce mois de mai. J’ai essayé de faire une suite aux précédentes Plumes d’avril.