Mousse des sous-bois

Mousse des sous-bois

Mousse des sous-bois

Je me souviens des après-midi où on allait dans la forêt. Les enfants se coiffaient de leur bonnet ou casquette et chaussaient leurs bottes, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau. On allait marcher dans les feuilles mortes. Et au printemps, les feuilles se confondait avec le sol et on admirait les nouvelles fleurs qui émergeaient tout juste de la mousse des sous-bois. Les filles avaient remarqué que les violettes n’étaient pas tout à fait de la même couleur que celles du jardin. Celles-là étaient plus pâles et plus hautes, et peut-être plus larges aussi. Pour en être sûr il fallait comparer, alors c’est avec délicatesse que chacune cueillit sa violette avec une ou deux feuilles, rondes, mais bien plus petite que celle du nénuphar. On les observait attentivement pour pouvoir les dessiner ou les refaire en laine ou en tissu, bourrées de mousse à l’intérieur. On a même, sans faire exprès, arracher les pieds qu’on a bien vite repiqué dans la terre de la forêt et de notre jardin, aussi.

C’est à ça que je pense en rangeant mes broches-fleurs bourrées de mousse synthétique… pour le challenge AmeGraphique chez le carré jaune de ce jeudi.