La brise de fin d’après-midi s’est levée

…La brise de fin d’après-midi s’est levée. Des pollens volent en tous sens comme de minuscules peluches. Elle sait qu’elle a ses comprimés contre les allergies au fond de sa poche et elle sourit. Elle ne sait pas d’où lui est venue cette envie d’écrire, son amour pour les voyages, sans doute. Elle eut cette étincelle, la première fois, le jour où elle a pu prendre ce nouvel envol. Elle avait patienté dans l’attente de ce moment et avait vibrée à l’idée d’envoyer valser, un jour, les dossiers de ceux qui l’avaient baisée en profitant de ses services. Elle avait vécu dans l’espérance de cette douce vie et la vivait enfin. Elle rit encore de ses paroles sans gêne, qu’elle avait eu et c’est sans déplaisir qu’elle avait commencé à couvrir les pages de son carnet. D’une belle écriture, elle se prête à cette velléité quotidienne, sans aucune censure. Hier elle avait écrit sur ses gourmandises éphémères au chocolat qu’elle prépare quand le ciel est gris et ne lui permet pas de sortir. Aujourd’hui, c’est l’égarement soudain sur ce chemin qu’elle connait pourtant très bien. Elle entend l’écho du tramway dans la vallée, et sait maintenant où elle est. Elle se redresse de l’endroit où elle s’était tapie pour reprendre ses idées et écrire. Elle a déjà rangé son cahier et crayon dans sa poche et empoigne son bâton. Elle passe machinalement une main sur ses joues et ses rides avant de continuer sa marche. Elle doit accélérer le pas, car elle aperçoit déjà les volutes de fumée sortir des cheminées des habitations en contre-bas qui se préparent pour la nuit.

C’est ma participation aux plumes 43 chez Asphodèle avec les mots proposés et inspirés du mot désir pour ce mois d’avril. J’ai essayé de faire une suite aux précédentes Plumes de mars.