Épaule contre épaule

Épaule contre épaule, huit hommes dansent sur le plateau. Leurs bras noués forment de longues tresses humaines et leurs corps se mesurent plus qu’ils se combattent.

Épaule contre épaule, c’est une vision de la beauté simple et concrète. Il n’y a pas de guerre entre eux, ni de sexe. Une amitié robuste les attache les uns aux autres. Liens de sang, liens de peuple.

Épaule contre épaule, un jour de fête sur une place. Ils pourraient avoir bu. Leur danse a l’odeur des mains au travail, l’odeur des champs. Terre et soleil et courage et pudeur.

Épaule contre épaule, ils laissent surgir le souvenir lointain de danses anciennes et chatoyantes. Ils surgis­sent des farandoles aussitôt dispersées, en cercle, une ronde, vite avalés par la nuit et l’oubli. Les figures éclatent. Les corps exultent. Les têtes volent.

Épaule contre épaule, abandonnés à la seule ivresse de danser comme des vagues déchaînées.

Épaule contre épaule

« d’après une histoire vraie » de Christian Rizzo, amoureux habituel de couleurs, de tissus, pour le challenge AmeGraphique chez le carré jaune de ce jeudi. Voilà ce à quoi j’ai pensé en ajustant son costume coloré pour son prochain spectacle. Je ne suis intervenue pourtant que sur les côtés, les épaules étaient bien faites, et le tomber reste impeccable.