Ma plus belle histoire d’amour

Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous,

Ma plus belle histoire d'amour

Du plus loin, que me revienne,
L’ombre de mes anciennes amours,
Déjà loin, notre premier rendez-vous,
Ce tissu fut mon premier velours,
J’avais alors deux ans, à peine,
Cœur tout blanc, et gris aux genoux,
Qu’il avait, j’étais précoce,
De tendres amours de gosse,
Douces caresses de mon doudou,
Du plus loin qu’il m’en souvienne,
Si depuis, j’ai dit « je t’aime »,
Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous,

C’est vrai, je ne fus pas sage,
J’ai délaissé certains ouvrages,
en ai coupés, les ai piqués, j’ai brodé dessus,
C’est vrai, je ne fus pas sage,
Et ces amis de passage,
À peine vus, déjà cousus,
Mais à travers leur visage,
C’était parfois à votre image,
C’était de vous et le cœur nu,
Que je faisais mes assemblages,
Et poursuivais mon bel ouvrage,
Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous,

Ma plus belle histoire d'amour

Sur la longue route,
Le fil menait vers toi,
Sur la longue route,
Je le tirais pour toi,
Jamais le vent de l’hiver,
ne me gelait pas les doigts,
Qu’importait l’été ou l’hiver,
Si c’était pour toi,

Elle fut longue la route,
Mais je l’ai faite, sans doute,
Celle-là, qui menait jusqu’à vous,
Brodée, cousue de mille couleurs,
Et si soudain ce soir, je meurs,
Je sais que je l’ai faite belle et jolie,
Avec des fils et des bouts de tissus,
Des ternes, des sombres et des écrus,
Que mes aiguilles et des nœuds lient,
et nouent et piquent avec patience,
En toute liberté et sans violence,
Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous,

Les temps d’été ou d’hiver,
De nuit, de jour, et sur l’envers,
Vous étiez toujours au rendez-vous,
Brins de laine pour mes courage,
Soudain, je prenais la rage,
Mon Dieu, que j’avais besoin de vous,
Et si le Diable vous emporte,
D’autres projets ouvraient leur porte,
Heureuse, je m’éloignais de vous,
Vous livrais à quelque fidèle,
Et mes idées vers vous venaient quand même,
Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous,

Ma plus belle histoire d'amour

J’ai retenu mes larmes,
Mais qu’il me fut doux,
Oh, qu’il me fut doux,
Ce premier sourire de vous,
Et pour une larme,
Qui venait de vous,
J’ai pleuré d’amour,
Vous souvenez-vous ?

Pour mes tissus il n’y a pas de saison,
Les découper sans que je perde raison,
Ici même, vous en souvenez-vous ?
Vous ai taillés, cousus pour vous voir sourire,
Et raccommodés sans vous laisser mourir,
Vous ne comprenez rien du tout,
Bien sûr puisque commence mon voyage,
Je n’ai pas vraiment de bagage,
Vous êtes, mes toiles, au rendez-vous,
Qu’importe ce qu’on peut dire,
Je tenais à vous le dire,
Aujourd’hui je souris de vous,
Qu’importe, les autres vont sourire,
Je suis venue pour dire,
Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous…

C’est ma plus belle histoire d’amour d’après Barbara et à cause de mes fidèles tissus pour ma participation au n°7 d’un défi fou ici.

Silence

Silence

Silence

Je ne suis pas de ceux pour qui les causeries,
Au coin du feu, l’hiver, ont de grandes douceurs ;
Car j’ai pour tous voisins d’intrépides chasseurs
Rêvant de chiens dressés, de meutes aguerries,

Et des fermiers causant jachères et prairies,
Et le juge de paix avec ses vieilles sœurs,
Deux revêches beautés parlant de ravisseurs ,
Portraits comme on en voit sur les tapisseries.

Oh ! combien je préfère à ce caquet si vain,
Tout le soir, du silence, — un silence sans fin ;
Être assis sans penser, sans désir, sans mémoire ;

Et, seul, sur mes chenets, m’éclairant aux tisons,
Écouter le vent battre, et gémir les cloisons,
Et le fagot flamber, et chanter ma bouilloire !

Silence
Charles Augustin Sainte Beuve et son Joli Poème m’ont inspiré pour deux défis sympathiques, celui de la poésie du jeudi chez Asphodèle et pour l’Âme graphique du Carré Jaune croisé au fil de mes clics. Je m’étais isolée dans mes pensées et mon silence intérieur, en toute liberté. J’ai piqué les aiguilles, des fois et des fois. J’ai piqué les aiguilles pour attacher les morceaux les uns aux autres que j’avais numérotés par crainte de me tromper. Il faisait beau à j’étais bien.

   

Ce que j’aime en hiver

Ce que j’aime en hiver, c’est me lever un dimanche matin comme aujourd’hui, et découvrir ceci.

Ce que j'aime en hiver

Mon jardin recouvert de neige! Elle  tombait encore, légère comme un doux duvet. Les oiseaux s’abritaient sous les arbres ou se rapprochaient des fenêtres et piaillent en trouvant quelques miettes. J’ai déjeuné et pris mon ouvrage, les heures et les minutes se sont confondues… Une douce musique et ce poème… L’ai-je vraiment entendu?

La blanche-neige. Les anges, les anges dans le ciel, l’un est vêtu en officier, l’un est vêtu en cuisinier et les autres chantent.
Bel officier couleur du ciel, le doux printemps longtemps après Noël te médaillera d’un beau soleil, d’un beau soleil.
Le cuisinier plume les oies. Ah! tombe neige, tombe et que n’ai-je ma bien-aimée entre mes bras
de Guillaume Apollinaire

Ce que j’aime aussi, ce sont les grandes promenades dans le froid au chaud bien emmitouflée dans mon manteau ou les parties de jeux de société qui n’en finissent pas au coin du feu

C’est ce que j’aime en hiver et c’est ma participation au n°6 d’un défi original ici.