Silence

Silence

Silence

Je ne suis pas de ceux pour qui les causeries,
Au coin du feu, l’hiver, ont de grandes douceurs ;
Car j’ai pour tous voisins d’intrépides chasseurs
Rêvant de chiens dressés, de meutes aguerries,

Et des fermiers causant jachères et prairies,
Et le juge de paix avec ses vieilles sœurs,
Deux revêches beautés parlant de ravisseurs ,
Portraits comme on en voit sur les tapisseries.

Oh ! combien je préfère à ce caquet si vain,
Tout le soir, du silence, — un silence sans fin ;
Être assis sans penser, sans désir, sans mémoire ;

Et, seul, sur mes chenets, m’éclairant aux tisons,
Écouter le vent battre, et gémir les cloisons,
Et le fagot flamber, et chanter ma bouilloire !

Silence
Charles Augustin Sainte Beuve et son Joli Poème m’ont inspiré pour deux défis sympathiques, celui de la poésie du jeudi chez Asphodèle et pour l’Âme graphique du Carré Jaune croisé au fil de mes clics. Je m’étais isolée dans mes pensées et mon silence intérieur, en toute liberté. J’ai piqué les aiguilles, des fois et des fois. J’ai piqué les aiguilles pour attacher les morceaux les uns aux autres que j’avais numérotés par crainte de me tromper. Il faisait beau à j’étais bien.