Une trousse pour les accessoires de Joy

Une trousse pour les accessoires de Joy, voici ce qu’est devenue cette broderie.

J’ai piqué l’aiguille et tiré le fil, choisi les couleurs et piqué encore, à cœur joie,

Une trousse pour Joy

sur le modèle  » trousse simplette » que j’affectionne particulièrement chez KA.

I love you

Quand la joie est arrivée at home dès ta naissance

Quand la joie est arrivée at home dès ta naissance
Que les jours peu à peu étalent ta beauté
Je m’éveille parfois pour mieux te contempler
Joy, tu te reposes encore en poses innocentes
Qui souvent nous enchantent
Mêlées de pureté
Mon cœur est fou de joie quand il va te surprendre
Etendue sans défense, alanguie, sans pouvoir
Tu es l’enfant qui sourit sans savoir
Et murmure les mots impossibles à comprendre

Quand la joie est arrivée at home dès ta naissance

J’ai l’amour à fleur de cœur
Et mon cœur veille ta couche
Vit sur ma bouche
Qui veut crier
Et réveiller
Ton sommeil lourd
Car j’ai le cœur à fleur d’amour

Quand la joie est arrivée at home dès ta naissance

J’ai l’amour à fleur de cœur
Avec des joies qui me dépassent
Et me surpassent
Et c’est normal
Mon cœur s’emballe
La nuit, le jour
Car j’ai le cœur à fleur d’amour

Toi qui souris
Rêvant à je ne sais qui
Au fond tu ne sais pas
Tout ce qui se passe en moi

J’ai l’amour à fleur de cœur
Qui me fait grandir sans trêve
Lorsque tu rêves
Paisiblement
Toi mon enfant
Toi ma douceur
Quand j’ai l’amour à fleur de cœur

d’après une chanson de Charles Aznavour. J’ai revu les paroles pour que ça colle avec ta naissance, Joy qui est venue agrandir la famille. Et j’ai remarqué qu’en brodant ton prénom avec un cœur à la place du O, je te laissais un message aussi. I love you, Baby

Tokyo de Mo Hayder pour les 32 Plumes et le Silence d’Asphodèle

J’avais pensé vous présenter Tokyo de Mo Hayder pour les 32 Plumes et le Silence d’Asphodèle.

Mais je me suis laissée bercer par la lecture de ce livre, traduit de l’anglais par Hubert Tézenas, et avant de présenter la quatrième de couverture, voici un aperçu de l’ambiance de ce qu’on peut lire sur quelques lignes de ces cinq cent pages.

Tokyo de Mo Hayder pour les 32 Plumes et le Silence d'Asphodèle

La maison avait appartenu à une vielle dame qui était tombée malade…ou peut-être devenue folle. Le rez-de-chaussée avait atteint un tel degré de délabrement qu’il était devenu inhabitable. J’adorais cette maison et ses bizarreries. Je m’étais vite faite aux murs en lambeaux et aux pièces moisies et condamnées. Par moments, dans ma chambre si proche de l’aile interdite, j’avais la sensation de constituer la première ligne de défense. Contre quoi ? je l’ignorais. J’avais vécu seule si longtemps que j’aurais dû être habituée aux grands espaces qui se pressaient la nuit derrière les murs de ma chambre. Parfois, là, je me réveillais en sursaut, tétanisée par une peur angoissante, persuadée que quelqu’un venait de passer. J’aurais aimé la voir à l’époque où elle a été construite. Elle a résisté aux tremblements de terre et a même survécu aux bombardements. Il a dû se passer beaucoup de choses ici.

Il avait voulu me voir et restait maintenant immobile et muet dans le couloir, les bras le long du corps et les yeux perdus dans la pénombre.

Sans perdre une minute, je préparais le thé dans la cuisine, du thé vert et quelques gâteaux aux châtaignes et pâte de riz couleur pastel que j’avais achetés emballés dans un papier translucide. Je les déposai sur un plateau laqué en détachant l’emballage de chacun d’eux, de manière à ce que le papier s’ouvre comme les pétales d’une fleur, révélant le secret de ses étamines grasses. Je ne connaissais rien à la cuisine japonaise, mais je tenais à faire les choses dans les règles et je passai un certain temps à choisir le meilleur angle pour placer la théière sur le plateau. On mange d’abord avec les yeux, disent les Japonais. Chaque objet doit être observé avec soin et dans le détail. Je déposai donc deux petits bols de part et d’autre de la théière. Je soulevai le plateau et sortis dans la galerie.

Il s’était approché en silence des volets clos donnant sur le jardin et avait posé ses mains sur l’un d’eux, cherchant à sentir la chaleur du soleil. Son visage était étrangement concentré. Il se tourna vers moi, puis sans hésiter, fit coulisser une porte qui ouvrait sur une étrange cage d’escalier en bois.

Je n’en revenais pas. Je ne m’étais jamais rendu compte qu’il y avait un autre escalier, j’avais cru le rez-de-chaussée entièrement condamné. Et là, au pied de l’escalier obscur, il y avait une pièce vide qui avait dû servir de réserve à une autre époque et dont les dalles aujourd’hui étaient jonchées de feuilles mortes. L’air semblait poudreux, illuminé par la lumière du jardin qui s’épanouissait juste derrière un écran de papier en lambeaux.

J’avais suivi avec précaution, tenant mon plateau en équilibre. L’air était lourd de chaleur et d’insectes. J’émergeai dans la lumière, chassant les toiles d’araignée de mes épaules et plissant les yeux face à la clarté du ciel bleu. Ce jardin était encore plus grand que je ne le croyais. Un gros insecte ailé jaillit sous mes pieds, s’arracha en ronronnant de la touffeur pour monter le long de ma joue et se jouer de mon émoi. Je reculai d’un pas pour l’esquiver et évitai de justesse de renverser le thé. Je le suivis des yeux tandis qu’il montait en spirales au ras de mon visage et encore plus haut jusqu’aux branches supérieures du jacaranda. Il se posa au-dessus de moi, déploya ses ailes et fit entendre un petit bourdonnement électrique. Je le contemplai avec émotion. Le chant des cigales. Le premier son du Japon.

Plus loin devant, Il s’était assis sur un banc de pierre, les mains posées sur ses genoux, en état de méditation. Il était tellement concentré que je me retournai pour suivre la direction de son regard. Il sembla reprendre ses esprits, le visage apaisé quand je fus très près de lui et remarqua enfin que je portais un plateau. Il fronça les sourcils, secoua la tête et me prit le plateau des mains pour le poser sur la pierre à côté de lui en me laissant une place à l’autre extrémité. Il faisait si chaud que je devais accomplir chaque geste très lentement, verser le thé et lui offrir un gâteau. Il prit son assiette, l’inspecta, prit sa fourchette et coupa le petit gâteau de couleur pâle qui s’ouvrit en deux. Son cœur était rouge. Je le vis hésiter puis porter poliment un minuscule morceau à sa bouche. Il mâcha longuement et avala péniblement, puis sirota une gorgée de thé et se tamponna les coins de la bouche d’un mouchoir. Nous avons échangé peu de mots mais suffisants pour sceller notre accord. Il avait levé les yeux sur la galerie du premier étage dont les vitres crasseuses reflétaient quelques nuages moutonneux comme des agneaux. Il me paraissait tout à coup encore plus petit, plus ratatiné et plus frêle qu’avant. A la façon dont son regard revint brusquement sur le jardin, on aurait cru qu’il avait entendu une voix étouffée l’appeler. Il ne s’attarda pas, resta juste le temps nécessaire à notre pacte et repartit en début d’après-midi. J’eus la surprise de découvrir que la clé du portail au rez-de-chaussée donnant sur la rue, tournait encore dans la serrure et que cette vieille porte pouvait être ouverte. Une fois dans la rue, il leva une main, comme s’il venait de sentir un souffle sur sa paume.

Après son départ, je refermai le portail à clé et restai sans bouger. Je pensai à l’ancienne propriétaire qui avait dû passer l’essentiel de sa fin de vie à arpenter ce jardin avec ses brodequins à semelle de bois qui devaient résonner sur ces vieilles pierres volantes. J’écoutai longtemps avec calme et félicité, la musique du vent léger dans les branches, faute d’entendre les oiseaux chanter.

Quatrième de couverture:
Grey débarque à Tokyo sans argent ni bagages. Obsédée par un passé tumultueux, elle a quitté son Angleterre natale dans le seul but de retrouver un vieux film disparu. Ces images seraient l’unique témoignage visuel des atrocités commises par les Japonais à Nankin en 1937. Perdue dans une ville où elle ne connait personne, Grey accepte un emploi d’hôtesse dans un club de luxe. Parmi les clients, un vieillard en fauteuil roulant qui doit, parait-il, sa longévité à un mystérieux élixir, qui suscite bien des convoitises.

D’autres passages sont plus violents, et angoissants à lire. J’ai beaucoup aimé cette alternance dans le présent et le passé de la vie de deux êtres qui se sont croisés et qui sont pourtant si différents. Et puis j’ai utilisé les mots imposés de la semaine.

Ma robe d’été est terminée

Ma robe d’été est terminée et en regardant tout ce méli-mélo d’animaux et de fleurs ça m’a donné envie de chanter…

Ma robe d'été est terminée

Un bon petit diable à la fleur de l’âge,
La jambe légère et l’œil polisson,
Et la bouche pleine de joyeux ramages,
Allait à la chasse aux papillons.

Ma robe d'été est terminée

Comme il atteignait l’orée du village,
Filant sa quenouille, il vit Cendrillon,
Il lui dit : « Bonjour, que Dieu te ménage,
Je t’emmène à la chasse aux papillons. »

Cendrillon ravie de quitter sa cage,
Met sa robe neuve et ses bottillons
Et bras dessus bras dessous vers les frais bocages
Ils vont à la chasse aux papillons.

Ma robe d'été est terminée

Il ne savait pas que sous les ombrages,
Se cachait l’amour et son aiguillon,
Et qu’il transperçait les cœurs de leur âge,
Les cœurs des chasseurs de papillons.

Quand il se fit tendre, elle lui dit : « Je présage
Que c’est pas dans les plis de mon cotillon,
Ni dans l’échancrure de mon corsage,
Qu’on va à la chasse aux papillons. »

Sur sa bouche en feu qui criait : « Sois sage ! »
Il posa sa bouche en guise de bâillon,
Et ce fut le plus charmant des remue-ménage
Qu’on ait vu de mémoire de papillon

Un volcan dans l’âme, ils revinrent au village,
En se promettant d’aller des millions,
Des milliards de fois, et même davantage,
Ensemble à la chasse aux papillons.

Mais tant qu’ils s’aimeront, tant que les nuages,
Porteurs de chagrins, les épargneront,
Il fera bon voler dans les frais bocages,
Ils feront pas la chasse aux papillons.

Ma robe d'été est terminée

 de G Brassens 

mais où vais-je aller pour la porter maintenant? c’est qu’il ne fait pas bien chaud ici, et partir? c’est que les routes sont chargées partout…

L’été arrive, bientôt le temps des congés payés

L’été arrive, bientôt le temps des congés payés et des retrouvailles en famille à l’autre bout de la France.

Je revois ma mère préparer la grosse valise. On l’envoyait en bagage accompagné quelques jours avant notre départ en train. Elle s’activait et l’allégresse se lisait sur son visage et dans ses gestes. C’étaient les derniers jours d’école, nous avions rangé nos cahiers, ciré nos cartables et trié nos crayons pour la rentrée prochaine. On allait retrouver sa mère et ses jeunes frères et sœurs, ceux que l’on avait quittés l’été dernier avec l’espoir de les retrouver, non sans inquiétude de l’irréparable.

Le jour du départ, Maman faisait un petit bilan de nos sacs à dos et s’assurait que nous avions pris un livre pour patienter durant notre long voyage et un gilet suffisant pour affronter le froid de la nuit. C’est elle qui portait les casse-croûtes. Elle s’était cousu une robe estivale et nous, les trois filles, étions en pantalons, c’était d’ailleurs bien la seule occasion de les porter. Mon père nous accompagnait à la gare. Sur le quai, il nous donnait mille recommandations et un énorme bisou d’adieu. Il embrassait notre mère d’un discret baiser d’amour en la serrant intensément.

Le train démarrait et nous nous faisions signe de la main. Papa ne marchait pas assez vite et on le laissait là. Il nous rejoindrait dans un mois pour quelques semaines. C’était impossible de retenir nos larmes, mais bien vite la joie de revoir nos parents et nos amis nous submergeait. Assises sagement sur la banquette du compartiment pour un après-midi et une nuit de voyage, on lisait et on rêvait. On se voyait déjà courir dans les champs et boire une orangeade à l’ombre du lilas.

Là-bas, on était nombreux et j’ai toujours eu l’impression que c’était la fête chaque jour et qu’on faisait ripaille à chaque repas.

L’été arrive, bientôt le temps des congés payés

Lointains souvenirs pour une participation aux Plumes 31 chez Asphodèle avec les mots imposés. Je ne sais pas quel a été le mot déclencheur pour ce billet. Le mot souvenir… mais il n’y est pas, ma robe estivale en cours alors , dans un coton de satin très frais.