Les Plumes 28 chez Asphodèle

C’est mon texte pour Les plumes 28 chez Asphodèle, avec les mots imposés. Je l’avoue, avec du retard, mais j’aime trop ce défi et vos textes pour décrocher. Je rêve et je continue mon histoire inspirée de mes lectures passées.

… Il ne veut plus penser à ce qu’il s’est passé ce week-end, mais depuis deux jours l’intérieur de sa tête est aussi sombre que le ciel.

Hier lundi, il est parti comme un automate. Il a d’abord vu son patron, en début de matinée qui lui a donné son travail de la semaine, en présence de son fils comme toujours, et en compagnie de son épouse cette fois-ci. Elle lui a paru fière de son mari et pas trop souriante. Ils écoutaient les infos quand il est arrivé et échangeaient sur le meurtre d’un garçon retrouvé mort la veille au soir dans leur quartier. C’était ainsi depuis quelques semaines déjà. Il ne s’est pas attardé et a simplement dit qu’il repasserait le soir. Il a senti que son patron aurait voulu le retenir. Sa journée et soirée se sont déroulés sans que les démons se manifestent.

En ce mardi matin, il est sorti comme d’habitude pour prendre sa voiture et allé travailler d’après le planning établi, mais il appréhendait le rendez-vous du soir chez le psy. Il connaissait pourtant par cœur tout ce qu’il avait noté sur son papier, mais il l’a égaré. L’entrevue de la veille chez son patron ne s’est pas déroulée comme il l’avait pensé, et il avait su écourter…

Quand la fin de journée arrive, il se rend compte qu’il a énormément pensé à son psy très lent et qui note tout de son empyrée, en lui faisant souvent répéter ou formuler autrement ce qu’il vient de dire. Il monte les sept marches du perron et avant d’entrer, il jette un œil sur la plaque du praticien pour éviter le regard de celui qui sort. Il lit un prénom de sept lettres : Céleste, et tourne la tête par dessus son épaule pour apercevoir le ciel azur juste à l’horizon et le grand pardessus de l’homme qui s’en va.

L’atmosphère de la salle d’attente est calme, il est apparemment le dernier patient. Il réalise qu’il n’y a ni divan, ni lit chez son toubib, et les murs sont vides de décoration. Aujourd’hui, seul un bouquet de grandes fleurs exotiques trône dans un coin de la salle d’attente, embellie de ces oiseaux de paradis. Ses démons se sont éclipsés depuis quelques jours, et la tempête et le tonnerre ne cesse de gronder dans sa tête. Leur présence mystérieuse le rassure parfois, même s’ils sont toujours prêts à festoyer à l’intérieur de lui. Ils sont un peu sa bonne étoile et il en aurait bien besoin.

Il faut toujours patienter un peu avant chaque rencontre et, ce soir, il a farfouillé dans les livres posés sur la table. Il laisse un tas informe qui ressemble maintenant plus à une feuillée pour abriter des êtres invisibles. Il s’est assis sur la septième chaise en gardant les mains dans les poches. Il tient les dés dans la droite, et dans la gauche, il serre son tournevis aiguisé.

Les Plumes 28 chez Asphodèle

Il essaie de reprendre une attitude normale, quand le psy ouvre la porte et l’invite à entrer et s’asseoir. C’est à ce moment qu’il aperçoit sur les dossiers, ses notes du week-end sur le petit papier qu’il avait perdu. Il ne s’assied pas, car il est décidé à ne plus lui jouer sa fable. Le médecin a beau le toiser de son air arrogant, il va lui régler immédiatement son compte comme il a su le faire, la veille, avec son patron un peu trop inquisiteur qui avait osé vouloir examiner sa voiture et sa boite à outils…

Je vous laisse imaginer la suite et je vais me plonger dans la lecture de vos textes que j’ai délaissés depuis quelques semaines.

Des mots et une histoire 131 chez Olivia

C’est ma participation à Des mots et une histoire 131 chez Olivia avec la suite de mon histoire inspirée de mes lectures passées, et avec bien du retard, je l’avoue.

…Après avoir ouvert et fermé la porte de chacune des pièces de son appartement et vérifié si rien n’avait changé, ses démons se manifestèrent à nouveau. C’était comme une conversation téléphonique intérieure, avec eux.
Ce soir, ils lui disaient de cesser ce tourbillon et de moins s’agiter. Il devait se concentrer et préparer son entretien.
Il se rendit compte qu’il était en sueur, mouillé comme s’il sortait de la baïne. Il entendait un air de valse au fond de sa tête qui le saoulait un peu et couvrait leurs voix.
Elles hurlaient qu’il devait dégringoler bien vite d’où il était et quitter cet étage virtuel pour revenir sur terre.
Heureux de les entendre, il était en plein vertige et se sentait enivré d’alcool qu’il n’avait jamais bu. Il n’était pas comme son père, lui.
Ils lui dirent de prendre son cahier pour se mettre à l’ouvrage sans attendre.
Il respirait moins vite et les entendait mieux. Il était seul chez lui et parlait tout haut. Il allait écrire chaque chose sur une ligne comme un poème sans rime pour mieux s’en rappeler.
Peu importe la façon, mais il devait bien vite retrouver sa raison.
Il s’assit calmement devant la table encombrée, rien n’était rangé, et il savait qu’ils allaient l’aider…

Des mots et une histoire 131 chez Olivia

Et bientôt la suite pour Les Plumes 28 chez Asphodèle. J’aime ces défis d’écriture qui me font rêver et oublier la pluie et la tempête.

Les plumes 27 chez Asphodèle

Ce sera mon texte pour Les plumes 27 chez Asphodèle, avec les mots imposés et avec beaucoup de retard, j’en conviens. Mais ici, chacun va au rythme qui lui convient, au risque même de n’être jamais lu. Personne ne voit si je lis ou je brode, personne ne voit, si je ris ou je pleure. Alors pour penser à autre chose, je rêve et je continue mon histoire inspirée de mes lectures passées.

…Un changement radical s’opère quand il entre chez lui. On pourrait parler de métamorphose. Sans perdre totalement son incrédulité, il a tout à coup des ailes de papillon en enlevant son manteau et se sent régénéré de l’intérieur. Il n’a plus cet aspect de larve rampante qu’il avait dans le hall. Il respire mieux et semble comme une chenille en pleine évolution, comme si le climat s’était adoucit brusquement.

Il sait qu’il se déguise en portant son caban pour aller travailler chaque jour, mais travesti ainsi, il se sent bien. De la même façon qu’il aime pratiquer la magie, il a besoin de cette transformation vestimentaire pour sortir.

Il s’est persuadé que sa mère l’avait formaté ainsi durant sa grossesse. Elle était en pleine adolescence et il ignore encore si elle le désirait vraiment. Ce qu’il sait par contre c’est que cette éclosion a donné naissance à un cafard. C’est le seul nom que ses parents lui donnaient. Il n’a jamais rien eu de majestueux certes, mais il a très vite compris que ce n’est pas un mot d’amour.

Cette pensée sur son passé fut éphémère et ne le rendit pas éperdu, ils n’étaient plus de ce monde. Et même s’il s’était roussi les ailes, il avait su reprendre son envol…

Les plumes 27 chez Asphodèle

J’écrirai demain la suite pour Des mots et une histoire 131 chez Olivia

Dis ! Quand reviendras-tu ? Dis ! au moins le sais-tu ?

Dis ! Quand reviendras-tu ? Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

Voilà combien de jours, voilà combien de nuits…Voilà combien de temps que tu es repartie! J’avais cru, cette fois, que ton dernier voyage pour nos cœurs retrouvés, serait qu’ancien nuage. A Pâques, tu disais :  « Je serai de retour, au printemps ensemble, on parlera d’amour »

Dis ! Quand reviendras-tu ? Dis ! au moins le sais-tu ?
Dis ! Quand reviendras-tu ? Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

Le printemps va s’enfuir et tu n’es plus là. Bientôt les feuilles mortes et les feux de bois… Je t’attends toujours comme au dernier automne, souvent je m’alanguis, je rêve, je frissonne… Je tangue, je chavire, et comme la rengaine, je vais, je viens, je vire, je tourne, je me traîne…

Dis ! Quand reviendras-tu ? Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

J’ai beau t’aimer d’amour, j’ai beau t’aimer toujours. J’ai beau t’aimer de mère, j’ai beau t’aimer tout court… Mais tu ne comprends pas qu’il te faut revenir ! Pap’ et moi, nous deux, parlons de souvenirs… Comment veux-tu, sans toi, qu’on voit le monde beau sous un soleil de plomb, pourtant, qui n’est pas assez chaud ?

J’ai arrangé les si belles paroles de Barbara à « ma sauce » en espérant qu’elle me lise et comprenne notre désespoir. Je n’en peux plus, j’ai envie de crier et mon cœur saigne.

Son dernier client s’obstine à lui offrir un verre

Sa journée de travail s’est terminée sans encombre. Son dernier client s’obstine à lui offrir un verre pour cette fin de semaine, mais il refuse, sans arrogance parce que ses démons se manifestent dans ces cas-là et lui intiment prudence. Pour lui, en général, le samedi et le dimanche sont des jours déprimants. Et en taule, jours de semaine ou week-end, tous se ressemblaient. Il ne se rappelle pas avoir vécu un moment convivial en famille. D’ailleurs, il n’éprouve que haine pour ses parents qui l’ont méprisé et qui ne lui ont apporté aucun soutien. Les repas en prison étaient plutôt bruyants et stressants. C’était l’heure des règlements de compte où il fallait toujours être sur le qui vive et éviter la confrontation dans ces réunions.

Il voit qu’il ne rentre pas directement chez lui ce soir, et laisse sa voiture l’emmener faire un tour. Il sent soudain que son dos le picote, ses mains deviennent moites et sa gorge s’assèche quand il voit l’enfant sur le trottoir. Il freine pour le laisser traverser. Il reste calme et ne ressent pas cet état de manque qui l’a poussé à commettre l’irréparable. Il a tout simplement envie de l’observer et comme il ne repère pas de place de stationnement vide, il repart en maîtrisant sa vitesse et arrive enfin dans sa rue.

Son dernier client s’obstine à lui offrir un verre

Après avoir correctement garé sa voiture, il termine à pied. Avant de rentrer dans son immeuble, il regarde s’il n’est pas suivi. Il n’allume pas tout de suite la lumière, mais reste posté dans l’ombre et jette un dernier coup d’œil dans la rue. Il allume enfin dans le hall et prend le courrier dans sa boite aux lettres. C’est un rappel pour un rendez-vous chez le psy pour dans deux jours.

Il est subitement fatigué de sa journée et de cette lettre qui le contrarie. Ses démons sont là et apaisent sa colère qui monte en lui. Il va falloir encore se prêter à l’autopsie de ses pensées par ce charlatan de l’âme qui semble vouloir impérativement trouver des réponses à ses agissements passés. Il faut absolument qu’il dise la même chose et peu  à la fois. Alors il décide qu’il consacrera ce week-end à répertorier ce qu’il a déjà dit. A chaque rencontre, il sent bien l’arrogance et l’orgueil de l’autre comme l’ont déjà fait tous ceux de la même confrérie, mais il gardera une attitude modeste.

Il veillera à ne jamais trop se dévoiler et le fera avec beaucoup d’humilité, malgré la morgue de l’autre. Il a d’ailleurs dit quelque chose de très fort la dernière fois, du genre « Je n’aime pas la tiédeur des sentiments » en parlant de ses rapports avec ses amis. Seulement il n’en aura jamais et ça, il ne le lui dira pas.

C’est la suite de mon récit et ma participation au défi des mots une histoire 130 chez Olivia