Fatiguée de t’attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Fatiguée de t’attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer,
Fatiguée de chercher quelques traces d´amour
Dans l´océan de boue où sombre ma pensée

Fatiguée de t'attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Jamais une statue ne sera assez grande
Pour dépasser la cime du moindre peuplier
Et les arbres ont le cœur infiniment plus tendre
Que celui des hommes qui les ont plantés
Pour toucher la sagesse qui ne viendra jamais
Je changerai la sève du premier olivier
Contre mon sang impur d´être civilisée
Responsable anonyme de tout le sang versé

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée du mensonge et de la vérité
Que je croyais si belle, que je voulais aimer
Et qui est si cruelle que je m´y suis brûlée
Fatiguée, fatiguée

Fatiguée d´habiter sur la planète Terre
Sur ce brin de poussière, sur ce caillou minable
Sur cette fausse étoile perdue dans l´univers
Berceau de la bêtise et royaume du mal
Où la plus évoluée parmi les créatures
A inventé la haine, le racisme et la guerre
Et le pouvoir maudit qui corrompt les plus purs
Et amène le sage à cracher sur son frère

Fatiguée de t'attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée de parler, fatigué de me taire
Quand on blesse un enfant, quand on viole sa mère
Quand la moitié du monde en assassine un tiers
Fatiguée, fatiguée

Fatiguée de ces hommes qui ont tué les indiens
Massacré les baleines, et bâillonné la vie
Exterminé les loups, mis des colliers aux chiens
Qui ont même réussi à pourrir la pluie
La liste est bien trop longue de tout ce qui m´écœure
Depuis l´horreur banale du moindre fait divers
Il n´y a plus assez de place dans mon cœur
Pour loger la révolte, le dégoût, la colère

Fatiguée de t'attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée d´espérer et fatiguée de croire
A ces idées brandies comme des étendards
Et pour lesquelles tant d´hommes ont connu l´abattoir
Fatiguée, fatiguée

Je voudrais être un arbre, boire à l´eau des orages
Pour nourrir la terre, être amie des oiseaux
Et puis avoir la tête si haut dans les nuages
Pour qu´aucun homme ne puisse y planter un drapeau
Je voudrais être un arbre et plonger mes racines
Au cœur de cette terre que j´aime tellement
Et que ces mauvais hommes chaque jour assassinent
Je voudrais le silence enfin et puis le vent

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée de haïr et fatiguée d´aimer
Surtout ne plus rien dire, ne plus jamais crier
Fatiguée des discours, des paroles sacrées

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer
Fatiguée de chercher quelques traces d´amour
Dans l´océan de boue où sombre la pensée

Fatiguée, fatiguée

Chanté par Renaud