Il pense à son copain Dédé et leurs parties de dés

Il pense à son copain Dédé et leurs parties de dés.

Il pense à son copain Dédé et leurs parties de dés

Décidément, il a perdu la notion du temps et doit remballer sa pièce pour se rendre à son prochain rendez-vous. Il ignore les dons jetés devant lui par quelques passants. Sa matinée va se terminer par un changement de siphon sous évier. Débrouillard, il sait rapidement s’orienter dans ce dédale de ruelles et arrive à l’heure. Avant de quitter sa voiture, il met à jour son disque de stationnement contre le pare-brise et prend sa boite à outils dans le coffre avant de verrouiller son véhicule.

Le maître des lieux l’accueille avec chaleur et le conduit jusqu’à la cuisine. L’autre ne se laisse pas débordé en paroles inutiles et se met immédiatement au travail.

Tout est presque terminé quand il entend des petits pas derrière lui. Un déclic dans sa tête. Le drame n’est pas loin. Il aimerait disparaître dans un trou de souris. Il respire fort. Il sait qu’il doit rester calme.

De l’endroit où il est, il ne voit que les mains de l’enfant et son dessin où deux animaux ont été reproduits, il a un mot d’admiration pour ce chameau et ce dinosaure, « J’ai décalqué un dromadaire et un diplodocus » corrige le gamin. Il perçoit du dédain dans la voix. Un détail peut-être, mais il sent le danger, ses démons intérieurs se réveillent. Il se revoit vêtu en doryphore au baston et pense au régime drastique du défouloir. Le désordre danse dans sa tête et descend le long de son dos. Il est en sueur.

Il sent au dedans de lui que c’est l’heure du départ et il faut qu’il se décide . Il ne sait pas faire dans la dentelle, et c’est sans délicatesse qu’il sort de dessous le lavabo. Il bouscule quelque chose de sa main droite. Il garde le regard baissé. Encore à genoux sur les dalles, il range rapidement le déballage de ses outils. Une fois debout, il se rend compte qu’il a du frôler et aurait pu faire tomber le dentifrice et le verre à dentier. Il évite de regarder le petit qui n’arrête pas de lui faire des clins d’œil.

Il invente une raison un peu dingue et dit au père qu’il est désolé et qu’il reviendra avec la pièce manquante dans l’après-midi. Il voit que l’autre est déçu et qu’il a des difficultés à distiller cette excuse pas très drôle. Il a réussi à dissimuler son dawa, et désormais ce qu’il désire le plus c’est sortir d’ici au plus vite.

C’est la suite de mon histoire et ma participation avec de très nombreux dés (ou d) aux bouts des doigts et des mots pour les plumes 26 chez Asphodèle