En recherche de sagesse pour des mots une histoire 128

 En recherche de sagesse pour des mots une histoire 128 chez Olivia

Avant de trouver cet emploi, il avait marché dans la ville deux jours durant, déambulant sans but. Il s’était promis d’être sage et c’est ce qu’il avait essayé de faire. Il avait marché sans cesse, poings serrés dans les poches dans son blouson et lunettes de soleil vissées sur le nez du matin au soir. Quand il avait faim, il mangeait un sandwich, quand il avait soif, il buvait un café. Il était passé dans des rues qui l’avaient ramené bien des années en arrière. Les grandes avenues éclairées, la circulation automobile, les bruits l’avaient toujours effrayé. Il craignait le regard des gens. Il pensait qu’ils allaient lire ses pensées et ses erreurs. Son allure était pourtant banale et les passants ne le voyaient pas.

Aujourd’hui encore, personne ne le remarque, il ne porte plus ses lunettes de soleil. De ses visites chez son psy, il a compris qu’il fallait absolument qu’il s’intègre à sa nouvelle vie. Il a trouvé ce travail, et il accepte que par moments son pouls s’accélère et ses lèvres se sèchent. Il sait que ses démons intérieurs sont toujours là et ce matin, il les laisse piloter sans plaisir. C’est subtil, c’est comme la vieillesse ennemie qui prend possession du corps avec le temps qui passe et qui offre des rides sans qu’on en veuille vraiment. Il se souvient avoir lu un jour un proverbe qui expliquait tout ça mieux que ça… Il avait envie de lutter contre cet adversaire qui l’habite, mais il a décidé de se laisser conduire. Il gare sa voiture. Il ne voulait plus penser à ses échecs passés, car sa vie antérieure fut un vrai fiasco.

Il s’adosse contre un mur pour reprendre sa respiration. Ce jeu intérieur l’a transformé , il se sent fort. Il voudrait avoir l’air apaisé et met ses mains dans ses poches. Il est en sueur. Sa main droite tâte une pièce de monnaie aussi grosse qu’un bouton qu’il fait tourner entre ses doigts et l’espace étriqué de sa poche. « C’est reparti », se dit-il, en souriant mais sans joie. Ça fait douze ans qu’il n’avait pas souri. Enfin, ça signifie seulement que sa bouche s’étire de droite et de gauche. C’est tout. Son regard reste inchangé. Il sort la pièce et la fait disparaître et réapparaître dans l’autre main. Il fait ça simplement par habitude, les yeux dans le vague.

En recherche de sagesse pour des mots une histoire 128

En recherche de sagesse pour des mots une histoire 128

J’ai essayé d’écrire une suite au défi des plumes de la semaine dernière et c’est ma participation pour des mots une histoire 128 chez Olivia

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20 réflexions sur “En recherche de sagesse pour des mots une histoire 128

  1. Pingback: Il pense à son copain Dédé et leurs parties de dés | patchcath

    • ah tu as remarqué,
      je vais essayer de me tenir à cette façon d’écrire pour faire des textes plus longs
      et ces commentaires m’encouragent
      j’accepte les critiques aussi, je ne peux que m’améliorer

  2. Très belle suite. 😀 Je n’ai pas encore lu l’épisode de la semaine dernière, j’ai beaucoup de retard, mais je viendrais le lire. 😀
    Bises 😀

  3. Pingback: Cette maison III | Olivia Billington

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