J’ai mal à la tête, j’ai mal au cœur

J’ai mal à la tête, j’ai mal au cœur, faites que l’on arrête, appelez-moi le contrôleur. C’est comme une machine à fond de train, une locomotive qui foncerait sans fin. Des coups, des secousses, je n’m’habitue pas. Qui conduit, qui pousse ce train, qui sait où il va?

J'ai mal à la tête, j'ai mal au cœur

J’ai mal à la tête, j’ai mal au cœur, faites que l’on arrête, appelez-moi le contrôleur. Je veux qu’on m’explique, je veux quelqu’un, en cas de panique c’est écrit là -haut: « tirez sur le frein à main ». Et toi qu’est-ce que tu fous là, sur ton sofa, à côté d’moi. Tu vois pas que j’crève, que j’suis vidée, que j’ai plus de sève, que je vais lâcher. Regarde-moi, dis-moi les mots tendres, ces mots tout bas, fais-moi redescendre loin de tout, loin de tout ça. Je veux, je demande, regarde-moi. J’ai besoin de tes yeux, c’est le miroir où j’existe. Sans eux, je ne me vois pas. Mais tout nous aspire, petits et grands, faut montrer le pire ailleurs pour accepter nos néants. Si t’y prends pas garde, avec le temps, tu te fous des gares et jamais plus tu ne redescends. Les tempes qui cognent, ça me reprend ou tu te raisonnes ou tu prends des médicaments. Mais je voudrais savoir, une fois seulement, la fin de l’histoire et pourquoi, où et comment qui sont les bons et les méchants?

J'ai mal à la tête, j'ai mal au cœur

Je ne me prends pas pour Céline mais je suis CD quand même, et j’aime voyager souvent en train et peu en avion alors je vais faire un petit tour. J’ai mal à la tête, j’ai mal au cœur, mais c’est pour autre chose…

Je voulais te dire que je t’attends

Je voulais te dire que je t’attends et tant pis si je perds mon temps. Je t’attends , je t’attends tout le temps, ce soir, demain, n’importe quand …
Comme quelqu’un qui n’a plus personne, s’endort près de son téléphone, et qui te cherche à son réveil, toute seule dans le brouillard, j’attends.

Je mettrais mon cœur dans du papier d’argent, mon numéro d’appel aux abonnés absents. Mes paroles d’amour resteront là sur le bureau, je n’ai plus de clefs comme perdues dans l’eau. Je pourrais courir et aller partout, vendre mon cœur pour trois francs six sous, tu sais si bien t’en approcher et ma vie s’est arrêtée, quand tu m’as quittée

Je voulais te dire que je t'attends

Je voulais te dire que je t’attends et tant pis si je perds mon temps. Je t’attends , je t’attends tout le temps, sans me décourager pourtant, comme quelqu’un qui n’a plus personne et s’endort près de son téléphone, et sourit quand on le réveille mais je n’ai toujours pas d’appel.

Je vois sans cesse quelqu’un qui te ressemble, et la rue comme une photo qui tremble. Si c’est toi qui passe le jour où je me promène, si c’est vraiment toi, je vois déjà la scène, moi je te regarde, et tu me regardes.

Je voulais te dire que je t’attends, si tu savais comme je t’attends.

D’après une chanson de M Jonasz

Fatiguée de t’attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Fatiguée de t’attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer,
Fatiguée de chercher quelques traces d´amour
Dans l´océan de boue où sombre ma pensée

Fatiguée de t'attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Jamais une statue ne sera assez grande
Pour dépasser la cime du moindre peuplier
Et les arbres ont le cœur infiniment plus tendre
Que celui des hommes qui les ont plantés
Pour toucher la sagesse qui ne viendra jamais
Je changerai la sève du premier olivier
Contre mon sang impur d´être civilisée
Responsable anonyme de tout le sang versé

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée du mensonge et de la vérité
Que je croyais si belle, que je voulais aimer
Et qui est si cruelle que je m´y suis brûlée
Fatiguée, fatiguée

Fatiguée d´habiter sur la planète Terre
Sur ce brin de poussière, sur ce caillou minable
Sur cette fausse étoile perdue dans l´univers
Berceau de la bêtise et royaume du mal
Où la plus évoluée parmi les créatures
A inventé la haine, le racisme et la guerre
Et le pouvoir maudit qui corrompt les plus purs
Et amène le sage à cracher sur son frère

Fatiguée de t'attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée de parler, fatigué de me taire
Quand on blesse un enfant, quand on viole sa mère
Quand la moitié du monde en assassine un tiers
Fatiguée, fatiguée

Fatiguée de ces hommes qui ont tué les indiens
Massacré les baleines, et bâillonné la vie
Exterminé les loups, mis des colliers aux chiens
Qui ont même réussi à pourrir la pluie
La liste est bien trop longue de tout ce qui m´écœure
Depuis l´horreur banale du moindre fait divers
Il n´y a plus assez de place dans mon cœur
Pour loger la révolte, le dégoût, la colère

Fatiguée de t'attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée d´espérer et fatiguée de croire
A ces idées brandies comme des étendards
Et pour lesquelles tant d´hommes ont connu l´abattoir
Fatiguée, fatiguée

Je voudrais être un arbre, boire à l´eau des orages
Pour nourrir la terre, être amie des oiseaux
Et puis avoir la tête si haut dans les nuages
Pour qu´aucun homme ne puisse y planter un drapeau
Je voudrais être un arbre et plonger mes racines
Au cœur de cette terre que j´aime tellement
Et que ces mauvais hommes chaque jour assassinent
Je voudrais le silence enfin et puis le vent

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée de haïr et fatiguée d´aimer
Surtout ne plus rien dire, ne plus jamais crier
Fatiguée des discours, des paroles sacrées

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer
Fatiguée de chercher quelques traces d´amour
Dans l´océan de boue où sombre la pensée

Fatiguée, fatiguée

Chanté par Renaud

La princesse aux milles trousses

La princesse aux milles trousses.

Il était une fois un prince qui voulait épouser une princesse, mais une vraie princesse. Il fit le tour de la Terre pour en trouver une mais il y avait toujours quelque chose qui clochait. Des princesses, il n’en manquait pas, mais étaient-elles de vraies princesses ? C’était difficile à apprécier. Il rentra chez lui tout triste, il aurait tant voulu rencontrer une véritable princesse.

Un soir, par un temps merveilleux et sous un ciel étoilé, on frappa à la porte du château et le vieux roi lui-même alla ouvrir. C’était une princesse qui était là, dehors. Mais grands dieux ! de quoi avait-elle l’air, mouillée comme une soupe, ayant traversé le jardin au moment où les arrosages automatiques s’étaient déclenchés ! L’eau coulait de ses cheveux et de ses vêtements, entrait par la pointe de ses chaussures et ressortait par le talon… et elle prétendait être une véritable princesse !

« Nous allons bien voir ça », pensa la vieille reine, et elle ne dit rien. Elle avait lu dans sa jeunesse l’histoire de la princesse au petit pois. Elle alla donc dans la chambre à coucher, retira toute la literie et mit un petit pois au fond du lit. Puis elle empila vingt matelas sur le petit pois et ajouta par dessus vingt édredons en plumes d’eider. C’est là-dessus que la princesse coucha cette nuit-là. Au matin, on lui demanda comment elle avait dormi.

« Merveilleusement bien, répondit-elle, j’ai vu que vous avez l’habitude vous aussi de recevoir vos hôtes comme chez nous et j’ai admiré votre belle collection de matelas et édredons que vous possédez. Rassurez-vous, je n’ai ni bleus ni noirs sur tout le corps, je suis très sensible et j’ai trouvé le petit pois que vous aviez caché sous les milles matelas et édredons. C’est une farce qui a été faite à une de mes aïeules par ses futurs beaux-parents et, dans la famille, nous faisons, depuis ce temps-là, cette blague à chacun de nos invités. »

Alors ils surent que c’était une vraie princesse, elle avait la peau sensible et elle aurait senti le petit pois. Ils rirent ensemble de cette aventure. Le prince, heureux de cette authenticité, la prit donc pour femme, sûr maintenant d’avoir trouvé une vraie princesse. Le petit pois, gardé par la princesse, alla rejoindre ses collections dans une de ses trousses. Ce que le prince ne savait pas c’est qu’elle faisait une collection de tout.

La princesse aux milles trousses

Récit simplement inspiré de la vraie histoire de la Princesse au petit pois.

Peau de fleur

Peau de fleur

Je remonte à la racine de mes pensées intimes quand je pleure. Pleurer me fait grandir. Pleurer me fait pousser comme une fleur.
Une danse en transe, une transcendance quand ma sève pense ma substance

J’étais desséché, je n’avais pas pleuré depuis longtemps. Je suis ton pot de fleur, je suis à fleur de peau, si tu savais.
Une danse en transe, une transcendance quand ma sève pense ma substance

Peau de fleur

Peau de fleur

Chanté par Stromae

Il reviendra bientôt

Il prétexte qu’il lui manque quelque chose et dit qu’il reviendra bientôt. L’autre lui demande quand ce sera, sans bien comprendre cette fuite. Un nouveau rendez-vous est fixé pour très bientôt, dans l’après-midi si ça convient et il sort sur le champ. Une fois dehors, il respire mieux. Assis dans sa voiture, il est plus calme qu’il ne l’aurait imaginé. Il démarre sans vraiment savoir où il va.

Il évite les grands axes, on y roule trop vite. Il préfère les rues où la circulation est plus lente. Son regard balaie méthodiquement les trottoirs de droite à gauche. Il est en maraude. Il aime être en chasse. Ça le rend fort. Il n’a pas besoin de regarder sa tête dans le rétroviseur, il sait qu’il a allumé ses yeux.

Il gare sa voiture et prend la direction du lac à pied. La clarté du jour s’est assombrie, mais ses démons intérieurs sont tellement sombres qu’il ne remarque pas ce peu de lumière. La météo a annoncé la pluie pour le début de la nuit, il sent que ce sera avant l’aube demain matin. Il marche rapidement sur le petit chemin couvert de graviers. Par réflexe, il tâte sa veste et constate que, comme tous les jours de travail, son sandwich est bien dans sa poche droite et sa bouteille d’eau dans la gauche.

Il reviendra bientôt

Il fait bon au bord de l’eau et l’air est vif. Il a longé le jardin public et s’est arrêté contre les grilles. Il entend le clapotis de l’eau. Il a bien vu ici ou là quelques enfants, mais toujours accompagnés. Certains jouent avec des bateaux qu’ils poussent avec des bâtons, en faisant attention à ne pas tomber à la baille tandis que d’autres ont préféré prendre leurs vélos et arpenter les allées aménagées.

Il s’assied sur un banc près d’un lampadaire et décide de manger. Des brodeuses papotent et profitent encore du plein air avant que le ciel ne se gâte vraiment. Il déballe le pain du papier. Ses yeux sont comme sur roulement à billes, ses mâchoires mastiquent au même rythme et son regard scrute entièrement le parc. Il est caché par les roseaux. L’embouteillage à l’intérieur de sa tête s’est calmé. Il avale la dernière bouchée et remarque qu’il n’a plus cette boule dans la poitrine et qui l’oppresse parfois. Il ne s’est pas fait repérer et voit qu’il n’attire pas l’attention des passants. Il termine son repas et remet papier et bouteille dans ses poches. Il sait que s’il laisse une trace, même infime, il sera tout de suite pris. Il jette un coup d’œil sur l’horloge de son téléphone portable et appelle le client qu’il vient de quitter, histoire de ne pas le laisser dans une attente inutile. L’autre lui dit de passer d’ici une demi-heure le temps de déposer le petit à l’école. Il raccroche et repart rassuré que le gosse ne soit pas là. Il sent que l’éclairage de ses yeux s’est atténué.

 

Il reviendra bientôt

C’est la suite de mon récit et ma participation au défi des mots une histoire 129 chez Olivia

 

Les jours passent mais ça ne compte pas

Les jours passent mais ça ne compte pas, j’ai tant de mal à vivre, ivre de ce parfum si différent du tien. Pire, j’ai compté chaque minute qui me retient à lui comme si j’étais ma propre prisonnière; ça fait bientôt un an qu’il m’a sauvé de toi. Souvent je me demande où j’en serais pour toi, souvent je me demande ce que tu fais, où tu es, qui tu aimes…

Sors de mes pensées, j’ai changé d’adresse, de numéro merci. J’ai balancé tes lettres et tes défauts même si j’ai fait semblant d’avoir trouvé la force, je garde au plus profond de moi tout ce que tu m’as aimé.

J’essaye de t’oublier avec un autre, le temps ne semble pas gommer tes fautes, j’essaie mais rien n’y fait je ne peux pas, je ne veux pas, je n’y arrive pas, je ne l’aime pas comme toi. J’essaye de me soigner avec un autre qui tente en vain de racheter tes fautes; il semble si parfait mais rien n’y fait je capitule, je ne peux pas je ne l’aime pas comme toi

Lui, il a tenté de me consoler, même s’il n’a pas tes mots ni ton passé, c’est vrai, mais il n’a pas ton goût pour la fête, pour la nuit pour les autres, pour tout ce que je hais
Il a séché toutes mes larmes, tu sais, il a ramassé tes pots cassés et il a réglé tous tes impayés, tes impostures, tes ratures, tout ce que tu m’as laissé. Il m’aime comme un fou et me connaît par cœur, il me dit je t’aime parfois durant des heures, mais il ne sent pas ton odeur.

Pourquoi je te respire dans ses bras, sors de mes pensées. Je ne l’aime pas comme toi, dis moi seulement pourquoi ?
Tu me restes comme ça… Je veux t’oublier, reprends tes rêves et disparais car je veux l’aimer comme toi…

Chanté par Stromae