J’ai mal à la tête, j’ai mal au cœur

J’ai mal à la tête, j’ai mal au cœur, faites que l’on arrête, appelez-moi le contrôleur. C’est comme une machine à fond de train, une locomotive qui foncerait sans fin. Des coups, des secousses, je n’m’habitue pas. Qui conduit, qui pousse ce train, qui sait où il va?

J'ai mal à la tête, j'ai mal au cœur

J’ai mal à la tête, j’ai mal au cœur, faites que l’on arrête, appelez-moi le contrôleur. Je veux qu’on m’explique, je veux quelqu’un, en cas de panique c’est écrit là -haut: « tirez sur le frein à main ». Et toi qu’est-ce que tu fous là, sur ton sofa, à côté d’moi. Tu vois pas que j’crève, que j’suis vidée, que j’ai plus de sève, que je vais lâcher. Regarde-moi, dis-moi les mots tendres, ces mots tout bas, fais-moi redescendre loin de tout, loin de tout ça. Je veux, je demande, regarde-moi. J’ai besoin de tes yeux, c’est le miroir où j’existe. Sans eux, je ne me vois pas. Mais tout nous aspire, petits et grands, faut montrer le pire ailleurs pour accepter nos néants. Si t’y prends pas garde, avec le temps, tu te fous des gares et jamais plus tu ne redescends. Les tempes qui cognent, ça me reprend ou tu te raisonnes ou tu prends des médicaments. Mais je voudrais savoir, une fois seulement, la fin de l’histoire et pourquoi, où et comment qui sont les bons et les méchants?

J'ai mal à la tête, j'ai mal au cœur

Je ne me prends pas pour Céline mais je suis CD quand même, et j’aime voyager souvent en train et peu en avion alors je vais faire un petit tour. J’ai mal à la tête, j’ai mal au cœur, mais c’est pour autre chose…

Je voulais te dire que je t’attends

Je voulais te dire que je t’attends et tant pis si je perds mon temps. Je t’attends , je t’attends tout le temps, ce soir, demain, n’importe quand …
Comme quelqu’un qui n’a plus personne, s’endort près de son téléphone, et qui te cherche à son réveil, toute seule dans le brouillard, j’attends.

Je mettrais mon cœur dans du papier d’argent, mon numéro d’appel aux abonnés absents. Mes paroles d’amour resteront là sur le bureau, je n’ai plus de clefs comme perdues dans l’eau. Je pourrais courir et aller partout, vendre mon cœur pour trois francs six sous, tu sais si bien t’en approcher et ma vie s’est arrêtée, quand tu m’as quittée

Je voulais te dire que je t'attends

Je voulais te dire que je t’attends et tant pis si je perds mon temps. Je t’attends , je t’attends tout le temps, sans me décourager pourtant, comme quelqu’un qui n’a plus personne et s’endort près de son téléphone, et sourit quand on le réveille mais je n’ai toujours pas d’appel.

Je vois sans cesse quelqu’un qui te ressemble, et la rue comme une photo qui tremble. Si c’est toi qui passe le jour où je me promène, si c’est vraiment toi, je vois déjà la scène, moi je te regarde, et tu me regardes.

Je voulais te dire que je t’attends, si tu savais comme je t’attends.

D’après une chanson de M Jonasz

Fatiguée de t’attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Fatiguée de t’attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer,
Fatiguée de chercher quelques traces d´amour
Dans l´océan de boue où sombre ma pensée

Fatiguée de t'attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Jamais une statue ne sera assez grande
Pour dépasser la cime du moindre peuplier
Et les arbres ont le cœur infiniment plus tendre
Que celui des hommes qui les ont plantés
Pour toucher la sagesse qui ne viendra jamais
Je changerai la sève du premier olivier
Contre mon sang impur d´être civilisée
Responsable anonyme de tout le sang versé

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée du mensonge et de la vérité
Que je croyais si belle, que je voulais aimer
Et qui est si cruelle que je m´y suis brûlée
Fatiguée, fatiguée

Fatiguée d´habiter sur la planète Terre
Sur ce brin de poussière, sur ce caillou minable
Sur cette fausse étoile perdue dans l´univers
Berceau de la bêtise et royaume du mal
Où la plus évoluée parmi les créatures
A inventé la haine, le racisme et la guerre
Et le pouvoir maudit qui corrompt les plus purs
Et amène le sage à cracher sur son frère

Fatiguée de t'attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée de parler, fatigué de me taire
Quand on blesse un enfant, quand on viole sa mère
Quand la moitié du monde en assassine un tiers
Fatiguée, fatiguée

Fatiguée de ces hommes qui ont tué les indiens
Massacré les baleines, et bâillonné la vie
Exterminé les loups, mis des colliers aux chiens
Qui ont même réussi à pourrir la pluie
La liste est bien trop longue de tout ce qui m´écœure
Depuis l´horreur banale du moindre fait divers
Il n´y a plus assez de place dans mon cœur
Pour loger la révolte, le dégoût, la colère

Fatiguée de t'attendre, fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée d´espérer et fatiguée de croire
A ces idées brandies comme des étendards
Et pour lesquelles tant d´hommes ont connu l´abattoir
Fatiguée, fatiguée

Je voudrais être un arbre, boire à l´eau des orages
Pour nourrir la terre, être amie des oiseaux
Et puis avoir la tête si haut dans les nuages
Pour qu´aucun homme ne puisse y planter un drapeau
Je voudrais être un arbre et plonger mes racines
Au cœur de cette terre que j´aime tellement
Et que ces mauvais hommes chaque jour assassinent
Je voudrais le silence enfin et puis le vent

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée de haïr et fatiguée d´aimer
Surtout ne plus rien dire, ne plus jamais crier
Fatiguée des discours, des paroles sacrées

Fatiguée, fatiguée
Fatiguée de sourire, fatiguée de pleurer
Fatiguée de chercher quelques traces d´amour
Dans l´océan de boue où sombre la pensée

Fatiguée, fatiguée

Chanté par Renaud

La princesse aux milles trousses

La princesse aux milles trousses.

Il était une fois un prince qui voulait épouser une princesse, mais une vraie princesse. Il fit le tour de la Terre pour en trouver une mais il y avait toujours quelque chose qui clochait. Des princesses, il n’en manquait pas, mais étaient-elles de vraies princesses ? C’était difficile à apprécier. Il rentra chez lui tout triste, il aurait tant voulu rencontrer une véritable princesse.

Un soir, par un temps merveilleux et sous un ciel étoilé, on frappa à la porte du château et le vieux roi lui-même alla ouvrir. C’était une princesse qui était là, dehors. Mais grands dieux ! de quoi avait-elle l’air, mouillée comme une soupe, ayant traversé le jardin au moment où les arrosages automatiques s’étaient déclenchés ! L’eau coulait de ses cheveux et de ses vêtements, entrait par la pointe de ses chaussures et ressortait par le talon… et elle prétendait être une véritable princesse !

« Nous allons bien voir ça », pensa la vieille reine, et elle ne dit rien. Elle avait lu dans sa jeunesse l’histoire de la princesse au petit pois. Elle alla donc dans la chambre à coucher, retira toute la literie et mit un petit pois au fond du lit. Puis elle empila vingt matelas sur le petit pois et ajouta par dessus vingt édredons en plumes d’eider. C’est là-dessus que la princesse coucha cette nuit-là. Au matin, on lui demanda comment elle avait dormi.

« Merveilleusement bien, répondit-elle, j’ai vu que vous avez l’habitude vous aussi de recevoir vos hôtes comme chez nous et j’ai admiré votre belle collection de matelas et édredons que vous possédez. Rassurez-vous, je n’ai ni bleus ni noirs sur tout le corps, je suis très sensible et j’ai trouvé le petit pois que vous aviez caché sous les milles matelas et édredons. C’est une farce qui a été faite à une de mes aïeules par ses futurs beaux-parents et, dans la famille, nous faisons, depuis ce temps-là, cette blague à chacun de nos invités. »

Alors ils surent que c’était une vraie princesse, elle avait la peau sensible et elle aurait senti le petit pois. Ils rirent ensemble de cette aventure. Le prince, heureux de cette authenticité, la prit donc pour femme, sûr maintenant d’avoir trouvé une vraie princesse. Le petit pois, gardé par la princesse, alla rejoindre ses collections dans une de ses trousses. Ce que le prince ne savait pas c’est qu’elle faisait une collection de tout.

La princesse aux milles trousses

Récit simplement inspiré de la vraie histoire de la Princesse au petit pois.

Peau de fleur

Peau de fleur

Je remonte à la racine de mes pensées intimes quand je pleure. Pleurer me fait grandir. Pleurer me fait pousser comme une fleur.
Une danse en transe, une transcendance quand ma sève pense ma substance

J’étais desséché, je n’avais pas pleuré depuis longtemps. Je suis ton pot de fleur, je suis à fleur de peau, si tu savais.
Une danse en transe, une transcendance quand ma sève pense ma substance

Peau de fleur

Peau de fleur

Chanté par Stromae

Il reviendra bientôt

Il prétexte qu’il lui manque quelque chose et dit qu’il reviendra bientôt. L’autre lui demande quand ce sera, sans bien comprendre cette fuite. Un nouveau rendez-vous est fixé pour très bientôt, dans l’après-midi si ça convient et il sort sur le champ. Une fois dehors, il respire mieux. Assis dans sa voiture, il est plus calme qu’il ne l’aurait imaginé. Il démarre sans vraiment savoir où il va.

Il évite les grands axes, on y roule trop vite. Il préfère les rues où la circulation est plus lente. Son regard balaie méthodiquement les trottoirs de droite à gauche. Il est en maraude. Il aime être en chasse. Ça le rend fort. Il n’a pas besoin de regarder sa tête dans le rétroviseur, il sait qu’il a allumé ses yeux.

Il gare sa voiture et prend la direction du lac à pied. La clarté du jour s’est assombrie, mais ses démons intérieurs sont tellement sombres qu’il ne remarque pas ce peu de lumière. La météo a annoncé la pluie pour le début de la nuit, il sent que ce sera avant l’aube demain matin. Il marche rapidement sur le petit chemin couvert de graviers. Par réflexe, il tâte sa veste et constate que, comme tous les jours de travail, son sandwich est bien dans sa poche droite et sa bouteille d’eau dans la gauche.

Il reviendra bientôt

Il fait bon au bord de l’eau et l’air est vif. Il a longé le jardin public et s’est arrêté contre les grilles. Il entend le clapotis de l’eau. Il a bien vu ici ou là quelques enfants, mais toujours accompagnés. Certains jouent avec des bateaux qu’ils poussent avec des bâtons, en faisant attention à ne pas tomber à la baille tandis que d’autres ont préféré prendre leurs vélos et arpenter les allées aménagées.

Il s’assied sur un banc près d’un lampadaire et décide de manger. Des brodeuses papotent et profitent encore du plein air avant que le ciel ne se gâte vraiment. Il déballe le pain du papier. Ses yeux sont comme sur roulement à billes, ses mâchoires mastiquent au même rythme et son regard scrute entièrement le parc. Il est caché par les roseaux. L’embouteillage à l’intérieur de sa tête s’est calmé. Il avale la dernière bouchée et remarque qu’il n’a plus cette boule dans la poitrine et qui l’oppresse parfois. Il ne s’est pas fait repérer et voit qu’il n’attire pas l’attention des passants. Il termine son repas et remet papier et bouteille dans ses poches. Il sait que s’il laisse une trace, même infime, il sera tout de suite pris. Il jette un coup d’œil sur l’horloge de son téléphone portable et appelle le client qu’il vient de quitter, histoire de ne pas le laisser dans une attente inutile. L’autre lui dit de passer d’ici une demi-heure le temps de déposer le petit à l’école. Il raccroche et repart rassuré que le gosse ne soit pas là. Il sent que l’éclairage de ses yeux s’est atténué.

 

Il reviendra bientôt

C’est la suite de mon récit et ma participation au défi des mots une histoire 129 chez Olivia

 

Les jours passent mais ça ne compte pas

Les jours passent mais ça ne compte pas, j’ai tant de mal à vivre, ivre de ce parfum si différent du tien. Pire, j’ai compté chaque minute qui me retient à lui comme si j’étais ma propre prisonnière; ça fait bientôt un an qu’il m’a sauvé de toi. Souvent je me demande où j’en serais pour toi, souvent je me demande ce que tu fais, où tu es, qui tu aimes…

Sors de mes pensées, j’ai changé d’adresse, de numéro merci. J’ai balancé tes lettres et tes défauts même si j’ai fait semblant d’avoir trouvé la force, je garde au plus profond de moi tout ce que tu m’as aimé.

J’essaye de t’oublier avec un autre, le temps ne semble pas gommer tes fautes, j’essaie mais rien n’y fait je ne peux pas, je ne veux pas, je n’y arrive pas, je ne l’aime pas comme toi. J’essaye de me soigner avec un autre qui tente en vain de racheter tes fautes; il semble si parfait mais rien n’y fait je capitule, je ne peux pas je ne l’aime pas comme toi

Lui, il a tenté de me consoler, même s’il n’a pas tes mots ni ton passé, c’est vrai, mais il n’a pas ton goût pour la fête, pour la nuit pour les autres, pour tout ce que je hais
Il a séché toutes mes larmes, tu sais, il a ramassé tes pots cassés et il a réglé tous tes impayés, tes impostures, tes ratures, tout ce que tu m’as laissé. Il m’aime comme un fou et me connaît par cœur, il me dit je t’aime parfois durant des heures, mais il ne sent pas ton odeur.

Pourquoi je te respire dans ses bras, sors de mes pensées. Je ne l’aime pas comme toi, dis moi seulement pourquoi ?
Tu me restes comme ça… Je veux t’oublier, reprends tes rêves et disparais car je veux l’aimer comme toi…

Chanté par Stromae

 

Un deux trois… fleurs

Un deux trois… fleurs

Un jour dans mon jardin, J’ai planté deux jonquilles, Puis un peu plus loin j’ai vu trois petites pâquerettes, Que j’ai cueillies pour faire une carte postale. J’ai collé quatre, cinq, ou six pétales pour orner ma carte. Puis un autre jour j’ai dessiné sept jolies tulipes que j’ai peintes pour faire une assiette décorative. Je me rappelle, quand j’étais petite, ma grand-mère avait brodé une nappe où elle avait décalqué des bleuets. Il y en avait peut-être huit ou neuf, je ne sais plus. Et moi j’avais brodé les dix serviettes.

Un bouquet de lilas et le printemps est là. Deux roses s’y blottissent et le bouquet grandit. Trois roses éclatantes relèvent le défi de resserrer le lien qui déjà les unit. Quatre boules de neige posent leurs taches blanches au milieu du bouquet qui voudrait être beau au milieu de la table. Vers cinq heures, quand le soir nous apporte brume et brouillard ce bouquet de fleurs éclaire la maison.

Un deux trois fleurs

Un deux trois… fleurs

J’ai une pensée pour toi, Je prends deux coquelicots, J’y associe trois boutons d’or, J’ ajoute quatre pervenches et cueille cinq marguerites, J’y joins six jonquilles et coupe sept lilas, Je cueille huit capucines, Je taille neuf roses et enfin dix iris…. C’est mon bouquet de l’amitié.

Comme le dit la chanson : je suis une fleur de province… Mais quelle belle région que la notre , pas loin du 07, Chez moi j’ai trois cotés de maison à exploiter pour des milliers de fleurs. Les premières qui ont investi cet espace sont mes quatre filles qui y ont couru, gambadé. Elles m’ont aidé (euh ! pas toujours) à bêcher, semer et planter cinq rosiers, rouges roses jaunes ,parfumés. Que j’aime mon jardin ! tous les ans il change d’aspect, tous les printemps j’y installe de nouvelles variétés. Des massifs en forme de huit avec des plants tout neufs. Avec mes petits-enfants, nous pourrons, quand le soleil sera là, faire une ronde à dix. Calculez : papy, mamie, 6 petits enfants, un qui va arriver et le soleil. Ce sera un beau bouquet , coloré, gai, joyeux.

Fleurs Un deux trois

Un deux trois… fleurs

Cet après-midi j’ai acheté une rose pour ma grand-mère, Sur la clématite deux abeilles butinaient, Et sur les pavés de la terrasse j’ai écrasé trois vers de terre, J’ai beau regardé dans la pelouse, je n’ai jamais trouvé de trèfle à quatre feuilles, Mais j’ai aperçu cinq clochettes sur chaque brin de muguet, En soulevant un pot j’ai découvert six escargots bien cachés, Et en faisant sept pas sur la droite, J’ai pu cueillir huit framboises, Ce ne sera pas assez pour le dessert du soir Je pense que nous serons neuf ou dix… alors, j’ouvrirai la boite de Vache-qui-Rit, Il y a douze parts, je crois

Un bouton vert, Deux petites feuilles naines, Trois fleurettes blanches, Quatre gouttes de rosée, Sur cinq corolles irisées, Six ornithogales, Déploient leurs pétales autour de sept pistils, A huit heures le soleil commence à décliner, Neuf fourmis, à la queue le leu vont rejoindre leur fourmilière, Dix coups sonnent au clocher, tous pétales repliés les fleurs sont endormies depuis longtemps

Atelier des fleurs et d’écriture spontanée…

Il pense à son copain Dédé et leurs parties de dés

Il pense à son copain Dédé et leurs parties de dés.

Il pense à son copain Dédé et leurs parties de dés

Décidément, il a perdu la notion du temps et doit remballer sa pièce pour se rendre à son prochain rendez-vous. Il ignore les dons jetés devant lui par quelques passants. Sa matinée va se terminer par un changement de siphon sous évier. Débrouillard, il sait rapidement s’orienter dans ce dédale de ruelles et arrive à l’heure. Avant de quitter sa voiture, il met à jour son disque de stationnement contre le pare-brise et prend sa boite à outils dans le coffre avant de verrouiller son véhicule.

Le maître des lieux l’accueille avec chaleur et le conduit jusqu’à la cuisine. L’autre ne se laisse pas débordé en paroles inutiles et se met immédiatement au travail.

Tout est presque terminé quand il entend des petits pas derrière lui. Un déclic dans sa tête. Le drame n’est pas loin. Il aimerait disparaître dans un trou de souris. Il respire fort. Il sait qu’il doit rester calme.

De l’endroit où il est, il ne voit que les mains de l’enfant et son dessin où deux animaux ont été reproduits, il a un mot d’admiration pour ce chameau et ce dinosaure, « J’ai décalqué un dromadaire et un diplodocus » corrige le gamin. Il perçoit du dédain dans la voix. Un détail peut-être, mais il sent le danger, ses démons intérieurs se réveillent. Il se revoit vêtu en doryphore au baston et pense au régime drastique du défouloir. Le désordre danse dans sa tête et descend le long de son dos. Il est en sueur.

Il sent au dedans de lui que c’est l’heure du départ et il faut qu’il se décide . Il ne sait pas faire dans la dentelle, et c’est sans délicatesse qu’il sort de dessous le lavabo. Il bouscule quelque chose de sa main droite. Il garde le regard baissé. Encore à genoux sur les dalles, il range rapidement le déballage de ses outils. Une fois debout, il se rend compte qu’il a du frôler et aurait pu faire tomber le dentifrice et le verre à dentier. Il évite de regarder le petit qui n’arrête pas de lui faire des clins d’œil.

Il invente une raison un peu dingue et dit au père qu’il est désolé et qu’il reviendra avec la pièce manquante dans l’après-midi. Il voit que l’autre est déçu et qu’il a des difficultés à distiller cette excuse pas très drôle. Il a réussi à dissimuler son dawa, et désormais ce qu’il désire le plus c’est sortir d’ici au plus vite.

C’est la suite de mon histoire et ma participation avec de très nombreux dés (ou d) aux bouts des doigts et des mots pour les plumes 26 chez Asphodèle

 

En regardant des photos de fleurs…

En regardant des photos de fleurs…

C’est le printemps, promenons nous dans les bois. Le loup n’y est pas mais la vie bruisse sous les bois. C’est le printemps, tout renaît dans la nature et soudain entre bois et jardin, sous nos yeux un champ de tulipes unies ou bicolores, toutes droites sur leurs tiges. Profitons en, il n’y a pas de vent, elles vont peut-être rester fleuries quelques jours encore. Devant elles, de grosses jacinthes blanches odorantes nous font tourner la tête. Leur parfum est entêtant alors nous nous réfugions à l’ombre des arbres au milieu des camélias roses et tranquillement reprenons notre balade. C’est le printemps.

regarder photos fleurs

En regardant des photos de fleurs…

Que de jolies couleurs sur cette photo. Un gros dahlia est ouvert comme un soleil et derrière chaque autre fleur , on peut discerner une émotion, une joie, une culpabilité de la couper de ses racines, car on sait qu’elle va mourir. C’est aussi du bonheur pour leur parfum et leur palette de couleurs.

regarder fleurs photos

En regardant des photos de fleurs…

Je m’attarde un peu sur celle-ci, ce n’est qu’un dégradé de verts. En regardant de plus près, les fleurs me sont inconnues. A mon avis, ce sont des plantes exotiques aux feuilles brillantes et luisantes qui se plaisent à l’humidité. Certaines aux lianes et chevelures traînantes envahissent et habillent l’espace. D’autres sont fleuries et couvertes de milles pétales blancs. Un semblant de cactus s’étale en étoile dans le coin droit près de moi. Chacune s’étale sur un lit de mousse, et on imagine le monde habité du dessous. Sont-ce des vers ou des insectes, et des petits lutins aux bonnets rouges sachant si bien se cacher qu’on ne les voit jamais?

photos fleurs regarder

En regardant des photos de fleurs…

Pourquoi nous fixe-elle ainsi ? cette prétentieuse orchidée au rose violacé arrogant. Au premier plan de ses consœurs jaunes et orangées, ces larges oreilles d’éléphant ne peuvent passer inaperçues même si les bourdons lourdauds les tentent en plein vol. Son pistil caché dans sa bouche bien ouverte et même sans dent essaie d’attirer sa proie.  Les pétales de roses ou de dahlias même une fois coupées se laissent visiter sans bruit par quelques fourmis. Et tapies dans l’ombre des arums malmenés dans ce bouquet déséquilibré elles déploient leur pistil en vue d’une silencieuse revanche à moins que la feuille acérée surplombant leurs têtes ne soit annonciatrice d’une splendeur inespérée.

regarder les photos de fleurs…et y voir le cœur, de l’atelier spontané d’écriture

Mon plus beau bouquet serait…

Mon plus bouquet serait… un grand bouquet de fleurs exotiques : rose de porcelaine, bec de perroquets, alpinia. Toutes de hautes fleurs, certaines avec des tiges épaisses, sans odeur et très colorées ; un grand et gros bouquet que l’on garde longtemps dans nos maisons. Mon plus beau bouquet serait… un petit bouquet de violettes discrètes, de tendres primevères et de pâquerettes légères, un petit bouquet dont les fleurs fanent vite mais qui amène un premier bonheur de printemps dans la maison, il signale que les beaux jours reviennent. Pourquoi choisir ce que serait mon plus beau bouquet puisque ce sont… mes trois petites filles qui ne se faneront jamais.

beau bouquet

Mon plus beau bouquet serait…

Mon plus beau bouquet sera… celui que j’offrirai à ma Maman pour ses 80 ans avec beaucoup d’amour. Un bouquet de glaïeuls aux larges tiges et milles couleurs, car ce sont les fleurs qu’elle préfère.

 

beau bouquet

Mon plus beau bouquet serait…

Mon plus beau bouquet serait… Odorant avec un lys blanc et deux roses rouges s’il était pour mon mariage… ou Composé d’une pivoine rose et de deux branches de lilas pour garnir ma table, ou de deux branches de forsythia et d’un iris bleu pour mon repas d’anniversaire… ou bien encore Fait de milliers d’œillets de toutes les couleurs, si tu me l’offres… ou simplement Parsemé de fleurs de violettes et pâquerettes cueillies tôt le matin pour un petit déjeuner… ou alors Fait d’œillets d’Inde aux pieds des plants de tomates rouges pour les soirs d’été… Et aujourd’hui, ce sont les fleurs que j’ai brodées sur mes ouvrages.

beau bouquet

Mon plus beau bouquet serait…

Mon plus beau bouquet serait composé de fleurs de rêve cueillies dans mon jardin secret. Je t’offrirais mon plus beau bouquet pour te parler de leur vie, de joie, de paix. Mon plus beau bouquet serait celui que tu aimerais cueillir, contempler, garder ou offrir en signe de fraternité

Des textes couchés spontanément sur une feuille.

En recherche de sagesse pour des mots une histoire 128

 En recherche de sagesse pour des mots une histoire 128 chez Olivia

Avant de trouver cet emploi, il avait marché dans la ville deux jours durant, déambulant sans but. Il s’était promis d’être sage et c’est ce qu’il avait essayé de faire. Il avait marché sans cesse, poings serrés dans les poches dans son blouson et lunettes de soleil vissées sur le nez du matin au soir. Quand il avait faim, il mangeait un sandwich, quand il avait soif, il buvait un café. Il était passé dans des rues qui l’avaient ramené bien des années en arrière. Les grandes avenues éclairées, la circulation automobile, les bruits l’avaient toujours effrayé. Il craignait le regard des gens. Il pensait qu’ils allaient lire ses pensées et ses erreurs. Son allure était pourtant banale et les passants ne le voyaient pas.

Aujourd’hui encore, personne ne le remarque, il ne porte plus ses lunettes de soleil. De ses visites chez son psy, il a compris qu’il fallait absolument qu’il s’intègre à sa nouvelle vie. Il a trouvé ce travail, et il accepte que par moments son pouls s’accélère et ses lèvres se sèchent. Il sait que ses démons intérieurs sont toujours là et ce matin, il les laisse piloter sans plaisir. C’est subtil, c’est comme la vieillesse ennemie qui prend possession du corps avec le temps qui passe et qui offre des rides sans qu’on en veuille vraiment. Il se souvient avoir lu un jour un proverbe qui expliquait tout ça mieux que ça… Il avait envie de lutter contre cet adversaire qui l’habite, mais il a décidé de se laisser conduire. Il gare sa voiture. Il ne voulait plus penser à ses échecs passés, car sa vie antérieure fut un vrai fiasco.

Il s’adosse contre un mur pour reprendre sa respiration. Ce jeu intérieur l’a transformé , il se sent fort. Il voudrait avoir l’air apaisé et met ses mains dans ses poches. Il est en sueur. Sa main droite tâte une pièce de monnaie aussi grosse qu’un bouton qu’il fait tourner entre ses doigts et l’espace étriqué de sa poche. « C’est reparti », se dit-il, en souriant mais sans joie. Ça fait douze ans qu’il n’avait pas souri. Enfin, ça signifie seulement que sa bouche s’étire de droite et de gauche. C’est tout. Son regard reste inchangé. Il sort la pièce et la fait disparaître et réapparaître dans l’autre main. Il fait ça simplement par habitude, les yeux dans le vague.

En recherche de sagesse pour des mots une histoire 128

En recherche de sagesse pour des mots une histoire 128

J’ai essayé d’écrire une suite au défi des plumes de la semaine dernière et c’est ma participation pour des mots une histoire 128 chez Olivia