Juste parce que ça se termine bien

C’est ma participation aux plumes 18 d’Asphodèle.  Juste parce que ça se termine bien et que les cadeaux étaient prêts à temps, voici la suite de la Reine des Neiges.

La petite fille, partie à la recherche de son petit camarade, avait marché longtemps. Elle s’assit sur une pierre quand une corneille s’approcha d’elle. Comme la fillette parlait facilement avec les animaux, elle lui raconta son histoire. L’oiseau lui dit qu’il y avait un nouveau prince au château et que c’était peut-être son ami, il saurait comment la faire entrer, même sans chaussures à ses pieds. La petite qui avait très faim, n’hésita pas une seconde. Les prince et princesse furent des hôtes charmants pour l’enfant, mais son petit compagnon de jeux n’était pas devenu ce prince. Elle dut reprendre sa route, cette fois-ci, avec de belles bottines aux pieds et un joli manchon pour protéger ses mains du froid qu’elle avait reçu en cadeaux. Un vrai présent princier. La corneille l’accompagna un bon bout de chemin car les adieux étaient difficiles puis elle la salua enfin et lui recommanda d’être très prudente dans la forêt.

Juste parce que ça se termine bien

Comment être prudente quand on ne connaît pas la forêt? La petite marcha seule confiante pendant longtemps. Puis dans une clairière elle se trouva nez à nez avec un groupe de brigands. Ils cherchaient de l’or et pensaient qu’elle en possédait. Puis la trouvant grassouillette et mignonne voulurent la manger. Sa poitrine battait un rythme syncopé subitement et le rouge qui lui montait aux joues la brûla comme des braises. C’était l’enfer tout à coup, elle aurait voulu ne jamais être venue. Heureusement la fille de la doyenne des brigands voulut la garder en vie pour partager ses jeux avec les animaux des bois. A la chaleur des flammes, la fillette lui raconta tout ce qui lui était arrivé et combien elle aimait son camarade perdu. Elle resta longtemps, et c’est comme ça qu’un jour, le renne préféré de la fille des brigands lui dit avoir vu passer l’attelage de la reine des neiges dans le ciel et qu’il pourrait les y emmener. La fillette des brigands voulut bien les laisser partir.

Juste parce que ça se termine bien

Le chemin était long sous le soleil pâle de ce pays froid, mais le paysage était fascinant. Le renne s’arrêta enfin pour se reposer au coin de l’âtre chez une Lapone et une Finnoise, deux femmes un peu sorcières qui allaient leur donner des potions réconfortantes et sauraient leur indiquer le trajet le plus facile.

Juste parce que ça se termine bien

Ils arrivèrent enfin aux pieds d’un château froid, fait de neige et de glace. Il y avait plus de cent salles, toutes éclairées de magnifiques aurores boréales, elles étaient grandes et vides, glacialement froides et étincelantes. Aucune gaieté ici, pas le plus petit bal d’ours, les salons de la Reine des Neiges étaient vides, grands et glacés. Les aurores boréales luisaient d’une clarté intense. Au milieu de ces salles neigeuses, vides et sans fin, il y avait un lac gelé, où la lumière semblait se purifier, c’était une véritable merveille. Au centre trônait le grand siège de la Reine des Neiges qui était vide aujourd’hui. Elle n’était pas là. Seul, le petit camarade était là, assis sur la glace et tout bleu de froid. Il alignait des morceaux de glace et semblait très absorbé dans ce travail.

Juste parce que ça se termine bien

Il ne vit pas la fillette arriver derrière lui, qui se jeta sur lui pour l’étreindre avec passion. Heureuse de l’avoir retrouvé, elle se mit à pleurer des larmes chaudes qui firent fondre le bloc de glace, entraînant l’éclat de miroir qui se trouvait là. Le garçon éclata en sanglots et pleura si fort que la poussière de glace, pas plus grosse qu’un grain de sable, coula hors de son œil. Il reconnut son amie et cria de joie. Il eut froid tout à coup, et les deux enfants se prirent par la main pour sortir du château. Ils parlaient de grand-mère et des rosiers sur le toit. Le renne les attendaient au pied de la grande bâtisse, et ils reprirent tous trois le chemin du retour qui se fit en douceur et sans secousse. Ils passèrent chez la Lapone et la Finnoise pour prendre à nouveau du repos et des forces, revinrent dans la forêt juste pour revoir les brigands, et se rendirent chez le prince et la princesse pour leur dire leur joie. Le trajet du retour leur parut beaucoup plus court, et les cloches de tous les clochers se mirent à sonner dès leur entrée en ville. La grand-mère les attendait. Elle les trouva grandis et écouta attentivement et avec bonheur leur beau voyage.

Juste parce que ça se termine bien

Voici le résumé des derniers chapitres de la reine des neiges d’Andersen. C’est ce que la mère a raconté comme histoires dans l’Atelier durant ce mois de décembre pendant que nos petites mains œuvraient avec bonheur. C’est aussi mon texte pour les plumes 18 d’Asphodèle.

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24 réflexions sur “Juste parce que ça se termine bien

  1. Un conte que tu as magnifiquement revisité, j’y étais ! Les puzzle de glace…mieux vaut avoir une bonne paire de gants ! Tes travaux d’aiguille sont toujours aussi beaux, je rêve quand je passe chez toi ! ^-^

    • Adrienne, je n’aime pas les larmes, je pouvais faire le résumé à ma façon, cette fois-ci.
      Ne t’en fais pas, quand on raconte on insiste bien sur les moments difficiles à vivre, et si les yeux ne s’embuent pas assez, on cherche un vocabulaire plus fort, on fait vibrer sa voix et on baisse la lumière pour se mettre dans une ambiance d’effroi, vois-tu.
      Merci de cette attention, et belle journée

  2. Pingback: LES PLUMES 18, les textes du FEU ! | Les lectures d'Asphodèle, et les humeurs…

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