Juste changer

Juste changer. Ça n’a pas été une révolution, je ne l’ai même pas vu venir. Presque pas. Ça s’est passé tout en douceur.

Je vais moins vite aujourd’hui. J’ai hésité à m’assoir sur le lit. Je viens d’aérer la pièce et tirer impeccablement sur les draps. En toile métis. Coton et lin mélangés. Avec mes initiales brodées de points noués sur le retour. Et j’ai retapé les oreillers.

Je prends mon temps maintenant. En fermant la fenêtre, j’aperçois les ouvriers qui s’activent dans les vignes avant l’hiver. Depuis quelques années il y a un afflux de saisonniers qui migrent pour les travaux des champs. Il fait bon, un peu frais, mais beau.

J’irai peut-être à la cueillette de baies roses pour mes décorations cet après-midi. Je rapporterai quelques pommes de pin aussi.

Juste changer

Je n’ai rien senti. C’est comme une chute au ralenti, ça ne fait pas mal. C’est comme la phrase de politesse à la fin d’une lettre qu’on ne lit pas souvent « veuillez agréer l’expression de mes sentiments distingués ».

Juste changer. Sans réfléchir et avec respect…

Édit : Pure fiction, c’est ma participation à Des mots une histoire 120 chez Olivia. Les mots imposés y sont tous dans l’ordre d’arrivée ou à peu près.