Des mots une histoire 117 chez Olivia

L’histoire continue pour Des mots une histoire 117 chez Olivia

Je suis partie cette fois-ci encore sans réserver de vol, j’ai pris le train comme d’habitude.

Par la vitre, blottie dans mon siège bien au chaud,  j’admire le paysage . J’ai abandonné ma lecture depuis un moment sentant le sommeil me gagner, et tiens mon bouquin d’une main, l’index coincé entre deux pages. Il fait froid dehors.

Au loin la cime des montagnes se couvre de neige. Ce manteau blanc accroché sur les flancs a une allure de glacier… J’ai du m’endormir. On arrive en gare et il me semble sortir d’un tunnel.

Quand Elle entre dans le compartiment, je ne vois d’abord que son énorme sac à dos ficelé comme un saucisson qu’elle porte et pousse devant elle. Elle sourit en enlevant son bonnet et ses gants et s’assoit à côté de moi en serrant son bagage entre ses genoux. De ce ligotage, elle sort un livre qu’elle ouvre en grand sur ses cuisses, et pose sa main droite sur les pages comme pour apprendre une leçon.

C’est le croquis qui attire mon attention. Il est constitué d’un cercle et un triangle équilatéral inscrit à l’intérieur. Le sommet du haut coïncide avec le chiffre 9. Je m’en inspirerais bien de modèle pour mes ouvrages.

Gênée, je veux restée discrète et détourne la tête. Les flocons accélérent leur fuite au dehors.

Curieuse, je regarde à nouveau ces figures géométriques. Quelle est donc la signification de tous ces traits? Je voudrais mieux comprendre ces croquis et mes yeux lisent quelques lignes.  » C’est un outil privilégié afin de mieux se connaître et de comprendre les autres, c’est la clé de la libération de son potentiel »

C’est écrit gros et aéré mais je n’arrive pas à déchiffrer le titre. « Ces individus de base 5 préfèrent travailler sans cadre et se fixer leurs propres objectifs … »

Confuse, je reprends mon livre. Malgré moi mon regard regarde de côté et je lis  » Les individus de type 8 souhaitent échapper à toute forme de contrôle exercé sur eux, leur volonté à se prémunir de toute agression émanant de l’environnement se traduit en une quête de pouvoir et une recherche de domination…il devient le Tyran : Despote, Autocrate, bureaucrate tatillon… »

Je continue, c’est contre ma volonté, ces dessins sont comme des harpons pour ma vue. « Des tests aident à déterminer notre type de personnalité… Les neuf chemins de transformation à travers les versets d’une traduction par Augustin Crampon…  »

Mes yeux ne m’obéissent plus, je lis carrément son livre.  » Un comportement arbitraire peut être parfaitement logique à l’intérieur d’un certain schéma de fonctionnement et les intentions d’autrui  pouvant paraître délibérément méchantes sont souvent irréprochables une fois qu’on les explique. »

Elle ferme soudain son livre. « Enneagramme »

Je remarque qu’elle a fermé les yeux. Je ferme les miens, appuie la tête sur mon dossier, bien décidée à me documenter.

Le train arrive en gare. Je lui souris avant qu’elle ne descende.

mot histoire 117 Okivia

Édit : c’est ma participation à Des mots une histoire 117 chez Olivia. Les mots imposés y sont tous ou à peu près.

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24 réflexions sur “Des mots une histoire 117 chez Olivia

  1. Pingback: Il neige | patchcath

    • Ces mots comme « domination » et « libération » ne font pas partie de ma vie et à utiliser avec « glacier, crampon et harpon » en plus.
      Je restait muette, j »avais un grand vide dans la tête, et surtout il faut s’activer chez Olivia, les délais sont courts
      et j’ai pensé à ce mot curieux qui avait attiré mon attention il y a peu.
      Merci Lilou

  2. Et bien, quel texte 😆
    Tu m’as surprise cette semaine, Patchcath, même plus, un sujet sérieux et très « culturé ». En te lisant, j’ai pensé à mon cher Vinci !
    J’aime bien ton nouveau style 😉
    Bises lyonnaises

  3. Intéressante histoire avec ce jeu énigmatique de triangle et des chiffres! le « vol » aurait dû laisser place au « sol » puisque tu as pris le train, question de mots d’Olivia!
    On voit qu’absorbé par ce jeu de ta voisine, tu étais distraite!

  4. ben moi aussi je vais me documenter çà existe vraiment ce mot ?, c’est original beaucoup sont partis su la montagne (moi la première ) ce qui semble assez évident et tu as trouvé une idée très originale
    bisous

  5. Comme tu l’as dit chez Olivia, tu as écrit un texte long. Et ça te réussit. L’idée est originale, avec un peu de mystère pour se laisser happer par l’histoire. Cet Augustin Crampon porte bien son nom… 🙂

  6. Ca m’arrive aussi d’essayer de lire le bouquin des autres quand je suis dans un train… Y a toujours un truc qui intrigue, qui donne envie de faire le lien entre l’idividu et sa lecture…

  7. Pingback: Vol pour nulle part | Olivia Billington

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